16.03.2020 – OISSEL EN ARGENT EN COUPE D’EUROPE 2020 !

On savait pas trop si la compétition allait se dérouler… jusqu’au dernier moment, nous étions prêts à tout annuler. Et puis non, la finale de la Coupe d’Europe par équipes aux jeux de série s’est bel et bien déroulée, organisée par les double tenants du titre, le DSB Douarnenez ! Alors c’est parti, retour sur une fin de semaine unique, sur fond de pandémie au Coronavirus !

Pas vraiment de changement dans les aéroports, dans l’avion et sur les routes de Bretagne en ce jeudi, jour de voyage pour atteindre le bout du monde, Douarnenez, sur la pointe de la Bretagne. Bien accueilli par ce club, ses membres et ses bénévoles, bien décidés à organiser une belle fête du billard. Le tout retransmis en intégralité par Kozoom qui a mis plus de moyen que d’habitude pour diffuser ces matchs.

Début des entraînements à 9h, 20 minutes par équipes, présentation officielle des équipes à l’hôtel du principal sponsor, puis début des compétitions à 16h. Personne ne se serrait la main pour se dire bonjour ou se féliciter, juste des check du coude ou du pied. Un public dégarni, semble-t-il que beaucoup ont décommandé. Mais le public de Douarnenez était bien présent pour cette première rencontre avec le club de Oissel, en ouverture de cette Coupe d’Europe. Du côté du club normand, on y a cru jusqu’au bout. Si Swertz a remporté son match au cadre 47/2 contre Gérimont, 250 à 186 en 5 reprises, Gretillat a rétabli l’équilibre au cadre 71/2 en battant Faus sur un modeste 200 à 140 en 7 reprises. C’est bien à la bande qu’une fois de plus le sort allait se jouer et il convient d’apprécier la solidité de Le Deventec sur cette fin de partie qui a coiffé au poteau Petit à qui il ne manquait que 8 points, 200 à 112 en 8 reprises. Dans ce groupe A, les bretons ont facilement battus les allemands de Hilden. Swertz, Faus et Le Deventec ont gagné sèchement contre leur adversaire, respectivement en 2, 5 et 12 reprises, laissant Melerski à 27 points, Janssen à 113 et Wildförster à 58. Un 6-0 qui a donné la première place de ce groupe à Douarnenez. La seconde place allait donc se jouer entre Oissel et Hilden. Gretillat a offert la première victoire de son équipe en battant Janssen en 6 reprises, 200 à 58 au cadre 71/2. Puis Gérimont a remporté son match au cadre 47/2, en battant le dangereux Melerski 250 à 77 en 11 reprises. Quant à Petit, il s’est fait surprendre par Wildförster qui a joué à son meilleur niveau, un très beau jeu, lui permettant de finir la distance en 12 reprises. Avec cette victoire, Oissel s’est qualifié en demi-finale.

Xavier, Johan, Katia, Willy, Daniel, motivés pour aller jusqu’au bout !

Dans le groupe B, la première surprise est venu du DBC Bochum, favori à l’origine, mais qui s’est présenté sans Thomas Nockemann, remplacé par un Thomas Berger. Au premier tour, les allemands ont perdus contre les espagnols de Vic. Mata au cadre 47/2 et Cuenca au cadre 71/2 n’ont laissé aucune chance à Havlik et Berger, respectivement 250 à 136 en 5 reprises et 200 à 60 en 7 reprises. Le génie hollandais Van Etten a sauvé l’honneur de son équipe en gagnant contre Espinasa à la bande, 120 à 79 en 10 reprises. Les espagnols ont obtenus leur place en demi-finale au tour suivant, en battant Soissons très sèchement aux jeux de cadre : 250 à 0 en 2 reprises entre Mata et Dessaint au 47/2, et 200 à 46 en 3 reprises entre Cuenca et Carreaux au 71/2. A la bande, Remond a donné deux précieux points à son équipe à la bande, en battant Espinasa 120 à 81 en 17 reprises. Au dernier tour, Soissons s’est offert une médaille garantie en battant les allemands du DBC. Malgré une belle performance de Havlik, 250 à 129 en 3 reprises contre Dessaint, Van Etten s’est effondré de manière surprenante contre Remond qui l’a battu 120 à seulement 26 points en 8 reprises. Carreaux a apporté la qualification à son équipe en battant Berger 200 à 112 en 11 reprises.

Samedi soir, la nation a attendu avec impatience les déclarations de M. Macron, Président de la République. Et le couperet est tombé. Tout sera fermé dès dimanche midi, rassemblement interdits, confinement des habitants, restrictions des déplacements, bref la totale. Avec l’accord des Autorités, le DSB est autorisé à terminé sa compétition… à huis clos ! Voilà le public lors de la demi-finale :

Les gradins sont vides en ce dimanche matin pour les demi-finales, on joue oui, mais à huis clos !

C’est parti pour cette première demi-finale à 9h30 entre le DSB Douarnenez et Soissons. Les tenants du titre ont pu compter sur un Swertz impérial qui a atomisé Dessaint en une reprise, 250 à 13, et sur Faus qui s’est défait de Carreaux en 4 reprises, 200 à 96. Et heureusement parce que Le Deventec n’était pas en forme ce dimanche matin et s’est incliné face à Remond, 120 à 68 en 12 reprises. L’essentiel est acquis, le DSB s’est qualifié pour défendre son titre en finale !

L’autre demi-finale, Gretillat a apporté la première victoire avec une partie parfaite contre Cuenca au cadre 71/2, 200 à 18 en une seule reprise. Et c’est la victoire de Petit sur Espinasa à la bande, 120 à 71 en 15 reprises, qui a mis fin au match de Gérimont, à la 6ème reprise, également en route pour la victoire face à Mata. La finale sera donc française : DSB Douarnenez contre les challengers de Oissel !

C’est devant les seuls spectateurs des caméras de Kozoom que les parties de cette finale ont débuté. Le Lucky Luke du billard a été le premier à terminer son match, à une moyenne oscillant entre les 300 à 400 points à l’heure… il a battu un Gérimont en petite forme en 4 reprises, 250 à 6. Gretillat a rétabli le score en battant le tchèque Faus au cadre 71/2, 200 à 41 en 2 reprises, en entamant son 2ème match du jour par 152, soit 352 de série prolongée après ses 200 points sur mouche en demi-finale. Comme d’habitude donc, c’est Le Deventec qui va défendre le titre et force est de constater qu’il a terminé son match magnifiquement, pourtant mené au score. Petit s’est incliné 120 à 108 en 9 reprises, quelle tension incroyable entre ces deux joueurs. Mais la star bretonne a offert une troisième étoile à son club… chapeau messieurs !

Swertz, Le Deventec et Faus, 3 fois champion en 3 éditions…,

“Après ce récit sportif, en voici un autre plus personnel.
Pour ma part donc, cette Coupe d’Europe, c’était le rendez-vous de ma saison, à ne pas louper avant le championnat d’Europe à la bande. J’avais à cœur de bien jouer avec mes nouveaux camarades de Oissel, avec qui j’ai accepté de faire le rôle du remplaçant. Martory étant occupé, je me suis préparé à le remplacer. Willy je connais, Johann je n’ai jamais joué avec lui mais toujours contre lui. Deux joueurs que j’admire, quoi de mieux. Un petit coup de blues quand même en revenant sur les terres bretonnes, pour cette équipe de Chartres qui n’est plus, pour Jacky qui n’est plus là, mais je dois me tourner vers l’avenir et chasser ce coup de blues pour cette nouvelle équipe. Alors on se retrouve et surtout on se prépare à cette première journée de compétition. Rien de mieux qu’un premier briefing autour d’une table, pour mieux se connaître. On discute beaucoup, on se confie, on se prépare et samedi on est prêts !

Côté compétition, je n’avais plus aucun repère. Ma dernière compétition importante date de septembre 2019, au Vietnam, où j’avais dû sortir de mon confort pour affronter 15 tueurs qui voulaient tous mon scalp. Mais depuis, plus rien… que du travail, seul, juste deux championnats suisses, mais sans importance pour moi et sans concurrence. Donc la différence se fera dans la tête, le moment venu, pour être capable de déployer ce que je sais faire, au moment venu. Et c’est donc avec une préparation psychologique rigoureuse que je me suis présenté à mon premier match contre le très fort Faus, fort certes mais aussi inconstant. Et c’est une partie compliquée sur laquelle je me bats tout en demi-distance, ne parvenant pas à maintenir les billes ensemble plus d’une dizaine de points, perdant le contrôle rapidement et tombant ainsi en demi-distance, voire même en distance. Mais malgré quelques erreurs, 6 plus exactement, je me suis battu dans cet effort et mon travail sur la demi-distance lors des mois précédents a payé. Malgré la difficulté de ces points, je termine avec une modeste victoire en 7 reprises. Insuffisant, mais il y a du positif à en sortir quand même. Avec quelques petites adaptations psychologiques, je me présente à la table contre Janssen, toujours rigoureux dans ma tête. Je commets des erreurs, mais cette fois, je parviens à réaliser une séquence de billes ensembles très prometteuse, une modeste série de 110… et pourtant pendant un moment, je me sens bien, à l’aise dans les billes de près, très concentré et rigoureux. Même si cette partie, à nouveau modeste, doit se gagner en 6 reprises, il me semble avoir trouvé la voie dans ma tête. Si je parviens à allier la demi-distance de ma première partie à cette séquence maîtrisée de la seconde partie, cela peut faire très mal… A voir… Ma chance pour le moment, c’est d’avoir pu gagner ces deux parties en 7 et 6 reprises, pour acquérir la confiance. Si j’étais tombé contre un adversaire plus fort, la suite n’aurait peut-être jamais existé.

La suite, c’est cette demi-finale contre Cuenca, champion d’Europe de la discipline. Mais moi aussi j’ai obtenu ce titre, je ne l’oublie pas. D’une rigueur absolue, je commence cette partie et je gère tout ce qui se passe dans ma tête à la perfection. Chaque seconde de cette partie est maîtrisée, je suis concentré totalement, tout est en place pour déployer ce que je sais faire avec mes billes, et je déroule une partie académique comme j’ai rarement joué. Toujours beaucoup d’erreurs, presque à chaque point, mais je suis sans doute le seul à les voir tant elles sont minimes. Je conserve la maîtrise de mes billes jusqu’au bout, presque uniquement en largeur, juste une frayeur vers 172 qui me pousse dans la longueur pour deux rappels de long. 200 en une reprise, la traduction sur le terrain d’une tête à nouveau forte. Je dis à nouveau parce que depuis quelques années, je dois composer avec des émotions encore inconnues qui me trahissent parfois et qui me plongent dans un enfer. Mais pas aujourd’hui…

La finale contre Faus à nouveau… Malgré cette demi-finale parfaite il me laisse commencer ! Il me dira plus tard qu’il a décidé cela parce qu’il ne me pensait pas capable de le faire deux fois… je pense que pendant 152 points, il a dû regretter profondément ce choix. Moi je pensais bien aller jusqu’au bout, mais cette série prolongée s’arrête à 352. Après de mauvais choix, des perturbations dans ma tête mal gérées, et c’est l’erreur ! Le retour à la chaise. Surtout rester mobilisé et prêt à revenir lorsque Marek me laissera la main. Cela vient très vite et je termine cette partie sur une série de 48. Toujours dans une excellente maîtrise apparente, des erreurs à chacun de mes points, mais des erreurs sans conséquence pour la suite du jeu.

Un mot maintenant concernant ce coronavirus. J’imagine que c’était inconscient de jouer cette Coupe d’Europe, l’histoire nous le dira. Le huis clos, c’est une première dans l’histoire, elle ne m’a pas dérangé du tout. Je suis focalisé sur la table et, bien dans ma tête, je sais gérer le public qu’il soit absent ou présent. Mais ce huis clos nous a permis de mieux profiter du temps de ces finales du dimanche et, du coup, de permettre un retour en Suisse le dimanche soir. Messieurs, l’année prochaine, tenez compte dans l’établissement du programme qu’une cérémonie de clôture à 1830 empêche les étrangers de rentrer chez eux le jour même. Je tiens à féliciter le DSB Douarnenez, ses membres et ses bénévoles, et même son président, pour cette gestion un peu spéciale et cette belle fête du billard parfaitement réussie ! Bravo à vous tous. Mais je m’offre le droit de donner un carton rouge au directeur de jeu, il sait pourquoi.

L’avenir… toutes les compétitions sont annulées ou poliment reportées. L’avenir est incertain. Mais la priorité n’est pas au billard. Prenez soin de vous, respectez les directives, restez chez vous, gardez la santé et restez tout simplement en vie ! Le billard, ce n’est que du billard !”

Evénement le 9 mars 2020 pour fêter les 100 heures de cours commentés en vidéos !

Pour fêter cet événement, l’accès au contenu E-Learning sera accessible gratuitement à tous, pendant 100 minutes, le 9 mars 2020, entre 11:30 et 13:10 (UTC+1).

Durant ces 100 minutes, tous les nouveaux abonnements seront à 50%, avec le code promo “100” par PayPal, et pour tous les autres modes de paiements.

To celebrate this event, access to E-Learning content will be accessible free of charge to all, for 100 minutes, on March 9, 2020, between 11:30 am and 1:10 pm (UTC + 1).

During these 100 minutes, all new subscriptions will be 50%, with the promo code “100” by PayPal, and for all other payment methods.

Para celebrar este evento, el acceso al contenido de E-Learning estará disponible de forma gratuita para todos, durante 100 minutos, el 9 de marzo de 2020, entre las 11:30 a.m. y la 1:10 p.m. (UTC + 1).

Durante estos 100 minutos, todas las suscripciones nuevas serán del 50%, con el código de promoción “100” de PayPal, y para todos los demás métodos de pago.

56ème TITRE NATIONAL !

de gauche à droite, Wasser, Gretillat, Rech, Morosi, Giacomni et Couto

Durant ce week-end du 11 et du 12 janvier 2020 s’est déroulé le dernier championnat suisse LNA à la bande. Rien de neuf me direz-vous, et pourtant… D’abord, le nombre d’inscrits. En Suisse, 7 joueurs en finale inscrits à la bande, cela fait bien 15 ou 20 ans que l’on avait pas vu cela. Tout aussi vieux et rare, donc précieux, le repas que nous avons tous partagé le samedi soir autour d’une table improvisée. La sportivité de tous qui a permis au Zürichois Boode de participer le samedi seulement, chamboulant l’ordre des tours officiel. Et finalement, la bienveillance du club organisateur qui a fait de son mieux pour organiser une belle finale que l’on revoit enfin en région lausannoise ! Merci donc à mon club, le Billard Ouest Lausannois.

Le Billard de l’Ouest Lausannois regarde P.-A. Rech

Côté sportif, nous avions 7 joueurs : le champion en titre du BOL Xavier Gretillat, qui remettait sa couronne en jeu avec les zürichois Rech et Boode, les joueurs de Colombier Wasser et Giacomini, le St-Gallois Morosi et la lausannois Couto. Chacun sait que Gretillat peut parfois très mal jouer et donc tous avait à cœur de tout tenter pour le gagner ! Sept joueurs, en poule unique, sur deux tables, voilà un joli marathon et les distances ont été raccourcies à 100 points ou 20 reprises.

Mais le suspens pour la première place n’a finalement pas eu lieu, les six adversaires de Gretillat ne totalisant ensemble que 130 points. Par contre, tout était ouvert pour la seconde place. Là encore, Rech évoluait au-dessus du lot, devançant à chaque fois ses adversaires, parfois d’une courte distance mais cela a toujours suffit pour arriver au dernier tour contre Gretillat sans aucune défaite. Mais la finale entre ces deux joueurs a pris une tournure unilatérale au début de match où Gretillat s’est détaché très rapidement, avant de souffrir les dix reprises suivantes. Mais Rech n’a pas saisi sa chance et restait au final à 57 points. Sa moyenne générale s’est établi à 3,09, meilleure série de 23.

La troisième place est une surprise et elle est attribuée à Morosi qui a réalisé un bon championnat et sa moyenne générale était de 2.48, meilleure série de 16. Les rangs suivants étaient dans l’ordre Wasser, Boode, Couto et Giacomini.

“Pour ma part, ce championnat suisse à la bande constituait une première phase de préparation pour le championnat d’Europe à la bande qui se déroulera en mai en Espagne. Je me suis préparé au mieux, sans changer spécifiquement ma stratégie au jeu de la bande car j’ai aussi des échéances avec Oissel au 71/2. Et comme je ne joue jamais bien en Suisse, l’objectif était de gagner, victoire indispensable à la sélection espagnole, mais aussi de franchir minimalement la barre des 10 de moyenne générale. La série de 100 sur une distance en 100 points est pour le moins aléatoire. J’étais aussi passé au Billard de l’Ouest Lausannois, qui est devenu mon club depuis cette saison 2019/2020, à deux reprises pour tester le matériel et ressentir enfin une ambiance bienveillante, un lieu où les gens sont contents que tu sois là, même s’ils jouent au pool ou au snooker à côté de toi. J’aime cette diversité, le billard est un beau sport, sous toutes ses formes et toutes ses disciplines. C’est un peu idéaliste, mais il faut le promouvoir dans son entier, et non seulement le trois bandes.

Au premier tour, c’est le match piège pour moi contre Couto qui incarne à lui tout seul pas mal de mes démons. Mais j’ai su limiter les dégâts en terminant mon match en 9 reprises. Même score au second match avec le très dangereux Wasser, certes moins à l’aise à la bande qu’à la partie libre. Avec lui, c’est une préparation un peu spéciale à l’image de certains joueurs démons, car il est imprégné d’une attitude négative qu’il lui coûte beaucoup d’énergie en jeu de comédien sur la table. Donc j’ai lutté et finalement 9 coups c’est moyen mais cela aurait pu être pire. Après ces deux matchs en 9 reprises, c’est la chute vertigineuse. Le mauvais match contre Boode en 18 reprises ! Fatigué par cette longue journée, l’attente que tu ne peux pas gérer comme tu veux, la volonté qui m’a un peu abandonné, l’absence d’enjeu face à une adversaire potentiellement dangereux mais qui était complètement à l’Ouest, j’ai commis beaucoup d’erreur, beaucoup trop. Voilà un match à oublier qui fera mal au décompte final. Je termine cette première journée à 8,33, aucune série au-dessus de 54…

Le lendemain, c’est une nouvelle journée et cette fois que des joueurs positifs. Premier tour avec Morosi qui a bien failli ne jamais se relever puisque je ne m’arrête à la première reprise qu’à 89… juste à 11 points de la série de 100 sur mouche. J’avais les billes peu avant que je ne rate, et là j’aurais dû m’arrêter, boire un coup et revenir à la table faire les 15 derniers. Mais j’ai voulu poursuivre dans le même état d’esprit que dans la série alors que la situation se dégradait. Stupide. Finalement, cette partie se termine en 3 reprises, dommage. Second match contre mon ami Vincent. Cette fois, mauvais départ puis je termine sur une série de 78 à la 3ème reprise, alors que j’avais les billes et la série. Deux belles parties, deux belles séries, j’en étais presque content… non je déconne, évidemment je suis très fâché contre moi.

La finale avec mon pote Rech, qui a d’ailleurs logé au 5 étoiles de Promasens, prend un départ similaire, mais sur l’autre table. Malgré tout un bon début, j’avais 70 points en 5 reprises, mais stoppé par un méchant buttage. La suite a été plus compliquée… j’aime pas faire la victime, mais si je veux rester objectif je ne peux pas accabler moi uniquement. J’ai eu plusieurs buttages et déviations de la table qui m’ont couté des reprises. Enervant lorsque tu vises à un mètre de distance de la bille 2 et que tu vois ta bille dévier avant d’arriver à la bille 2. Enervant sur ton bande-avant lorsque ta bille verse de deux billes au retour. Enervant aussi lorsque tu as les billes parfaites dans le coin et boum buttage. Et finalement très énervant lorsque tu es trop con pour te laisser influencer par ces mésaventures, incapable de réagir et d’adapter ton jeu au matériel ! Voilà une finale qui se terminera en 15 reprises !

Au final, l’essentiel est acquis. Une victoire signe de qualification pour l’Esoagne. Deux mauvaises parties, deux parties moyennes et deux bons matchs, moyenne générale à 10,52, série de 89. Cela aurait pu être pire. C’est un bon début.

Merci à Daniel Zimmermann pour sa présence et ses compétences pour transmettre en Live les deux jours de compétition !

Daniel Zimmermann, visitez Carombooks et CarombooksTV

SEPTEMBRE 2019 – VIETNAM : CHOC DES CULTURES !

Comme bon nombre de vietnamien me l’ont dit, Mr Thinh Kent n’est pas le meilleur joueur au Vietnam, mais c’est le plus connu. Devenu professeur de billard, il possède une salle de billard et en construit une toute nouvelle en plein centre de Saigon sur deux étages. J’ai vu les plans, cela s’annonce magnifique. Et surtout il partage avec ses compatriotes sur Facebook et Youtube des vidéos pour partager ce qu’il sait faire… sur les réseaux sociaux, Thinh Kent c’est des dizaines de milliers de personnes qui le suivent et des dizaines de millions de vues. C’est comme cela que nous nous sommes connus.

Invités à Ho Chi Minh City (Saigon) pour s’entraîner ensemble, participer à un tournoi au cadre 71/2 et réaliser une démonstration à Da Nang, nous nous sommes retrouvés dans cette ville en continuelle effervescence… bref je vais pas de commentaires touristiques sur cette ville, mais faut le voir pour le croire. Saigon, c’est environ 8 millions d’habitants, l’agglomération c’est environ 15 millions de personnes. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que le Vietnam c’est 20’000 clubs de billard et un million de joueurs ! Pour un européen, cela laisse rêveur…

Drôle de sensation ici, l’impression d’être admiré par tous ces joueurs vietnamiens, et en même temps de me retrouver dans un guet-apens où 15 des meilleurs vietnamiens au cadre vont vouloir me faire la peau. Retour sur une expérience unique où l’occident va à la rencontre de l’orient.

Thinh Kent et Xavier Gretillat, au travail…

Premier jour de billard à la Thinh Kent Academy, une petite salle en dehors du centre ville, avec 5 tables demi-match et une table match. J’avais besoin d’évaluer mon hôte alors pendant trois heures on a beaucoup échangé, au cadre et à la bande, fait des exercices et j’ai pu évaluer quelles sont réellement les différences entre ce talent vietnamien et moi-même. Quelque peu déboussolé par cette expérience, le lendemain mon ami Kent a repris la main et a décidé de jouer des parties que je pensais amicales, mais là-bas ce n’est pas un mode qu’ils connaissent. Le vietnamien a la gagne dans la peau, il ne joue pas pour la beauté du jeu, il joue pour gagner. Leur style de jeu découle directement de ce constat d’origine. Le lendemain, j’ai rétabli l’ordre des choses et cette fois je me suis mis en mode compétition, pour préparer le guet-apens qui m’attendait le lendemain. La réponse fut simple, 200 en 1, et 200 en 3 au cadre 63/2, et 150 points à la bande en 8 et 5 reprises.

Si je me sentais dans de bonnes conditions pour jouer cette compétition, hors mis un problème de santé avec une douleur musculaire au fessier droit qui m’entravait dans ma mise en place sur la table, j’avais l’arrière goût bizarre de l’animal qu’on pousse à abattoir !

Avant d’en venir à la compétition elle-même, je vais dresser ici un état des lieux de la situation au Vietnam. Ce sont des passionnés de billard, il y a chez ces gens quelque chose de simple et de positif. Ils ont envie d’apprendre à jouer, se passionnent pour la partie libre, et depuis quelques années pour le petit cadre et la bande, et plus récemment pour le grand cadre. C’est naissant là-bas, ils connaissent chez eux une situation que nous connaissions en Europe il y a plus de 50 ans en arrière lorsqu’il y avait encore un billard dans les arrière-salles des cafés et qu’on y jouait des jeux de série. Aujourd’hui, les jeux de série se meurent en Europe au profit des autres formes de billard et du trois bandes, alors qu’ils naissent au Vietnam ! Alors certes il ne font pas la différence entre grande et petite table, ils appellent 71/2 du cadre qui en réalité est du 63/2, il nomme leur jeu cadre 47/2 alors qu’en fait c’est du 42/2. Ils ne connaissant pas bien les règles de l’ancre et trace cette zone aussi sur demi-match alors qu’elle n’existe pas chez nous sur petite table. Pour le point d’entrée, ils mettent les billes où ils veulent… oui, oui, vous avez bien lu, c’est le joueur qui place sa bille joueuse sur le point d’engagement là où il veut ! De toute façon, sa position n’est pas marquée formellement… Ils ne sont pas au clair avec les fautes et les poussés. A Da Nang, il n’y avait pas de cadre pour tracer les lignes, nous les avons tracé à peu près avec notre canne et une règle… Leur style de jeu est un style de combattant dont le seul but est la mise à mort, gagner est là-bas le seul objectif. Il ne connaissent pas la moyenne particulière ou la moyenne générale, seulement la victoire ou la défaite. Lorsqu’ils marquent leurs points au tableau, il n’inscrivent pas les traits ou les zéros et donc les reprises ne correspondent pas, il n’y a que le total de points qui intéresse. Alors que chez nous, en Europe, il n’est pas rare de trouver un joueur content d’avoir fournit un beau jeu, d’avoir réalisé une belle série, perdu avec une belle moyenne. Au Vietnam, ce genre de considération n’a pas court.

Par contre, il font des points ! Croyez-moi que leur efficacité est redoutable. Ils sont bien plus habiles sur la table que je ne le serai jamais ! Vous pouvez leur laisser les billes ensemble sur une ligne, cela n’a pas d’importance car après 5 ou 10 points ils en auront perdu le contrôle et seront déjà dans la récupération en rappels de long. Mais il ne faut surtout pas dénigrer leur style de jeu, il est efficace et redoutable. J’ai joué contre des joueurs qui réalisent leur 200 points au grand cadre en moyenne entre 4 et 8 reprises, soit entre 25 et 50 de moyenne générale. Ils ne vont pas venir à la table et faire 200 dans un mouchoir de poche, mais il vont vous expédier en enfer en 3 coups avec une série de 100 et deux de 50 ! Pour un joueur comme moi, c’est compliqué, il faut d’abord une bonne canne à pêche et développer tout ses moyens pour contrôler les billes jusqu’à la fin lorsque l’occasion se présente. La différence, entre eux et moi, c’est le contrôle des billes. Je suis capable de faire 100 de série sans aucun rappel de long, alors qu’eux ne le sont pas. Par contre ils peuvent faire 100 points de série sur toute la table, moi je n’en suis pas capable. C’est donc sur cette différence que j’allais devoir compter pour me sortir de ce guet-apens !

142 sur mouche par le chauffeur… M. Hoand Duy

Donc samedi, début de la compétition à 10h… 16 joueurs, élimination direct, 200 points sans limitation de reprises. Premier match avec M. Minh Quan, apparemment le 2ème meilleur joueur à cette discipline dans tous leurs tournois. Les premières reprises étaient parlantes, il balançait 132 de série et me pousse dans mes retranchements pour que je termine en 4 reprises, avec une série arrêtée de 102. En quart de finale, j’ai joué contre M. Hoang Duy, notre chauffeur et élève de Thinh Kent, un joueur extrêmement habile et surtout très motivé pour m’assassiner rapidement… il a débuté sur mouche et s’est arrêté à 142… Au final, c’est moi qui ai terminé à la 3ème reprises avec une série arrêtée de 128. Mes deux premiers adversaires ont joué entre 40 et 50 de moyenne ! En demi-finale, j’ai la chance de croiser le parcours de M. Phi Hung, un joueur que j’avais déjà rencontré lors du dernier championnat du monde à la bande. Lors de ce match, j’ai frisé le code et c’est finalement en 8 reprises que j’ai terminé mes 200 points, juste quelques points devant mon adversaire. En finale, c’est Minh Dong qui a aligné à nouveau une série de 100… décidément tous mes adversaires sont vraiment forts. Là encore, j’ai dû me battre pour aligner les 175 points de série et gagner ce tournoi.

Le podium..

Certains ne manqueront pas de rappeler qu’il s’agit de cadre 63/2… mais même, quelle nation européenne peut aligner 15 joueurs capables de faire 40 de moyenne générale à cette discipline ? La force du joueur vietnamien est son habilité, sa capacité et sa volonté d’apprendre, et son irrémédiable envie de gagner… Vous y ajoutez un peu plus de maîtrise lorsque les billes sont proches et croyez-moi ça va faire très mal !

La suite de notre expérience billardistique au Vietnam s’est passée dans la ville touristique de Da Nang, Accueillis au TNT Billiards par le boss M. Thai Tran, Thinh Kent et moi-même avons réalisé un premier match exhibition au cadre 63/2 en 250 points… je dis exhibition, mais là-bas ils ne connaissent pas ce mode. Quoi qu’il arrive il faut faire des points et exterminer son adversaire. J’ai fini cette partie en 3 reprises avec une série arrêtée de 235, Thinh Kent a quand même 181 points, plus de 60 de moyenne… bref la lutte continuait. Au second match, il m’a proposé 150 points à la bande que j’ai terminé en 8 reprises, cette fois-ci assez loin devant. Au terme de ces deux matchs “exhibition”, devant un public de fans passionnés, j’ai répondu aux questions des diverses personnes présentes grâce à la traduction de Thinh Kent.

Ainsi s’est achevé cette virée à Da Nang et retour à Saigon pour trois jours avec Thinh Kent autour d’une table pour un peu d’entraînement ensemble, beaucoup d’échange souvent transmis directement à ses étudiants présents, des explications sur le jeu par la bande et le cadre, et bien entendu des matchs pour le plaisir, même si ce mode n’est pas connu dans ce pays.

Voilà cette expérience au Vietnam s’est avérée très instructive, j’y ai découvert des joueurs passionnés, qui aiment les jeux de série, qui sont jeunes et qui ont envie d’apprendre, de progresser. Même si leur style de jeu est quelque peu atypique pour nous européens, il n’en est pas moins performant et dangereux.

Je remercie, nous remercions chaleureusement toutes les personnes que nous avons rencontré lors de ces deux semaines passées au Vietnam, en particulier celui a rendu cet échange possible, M. Thinh Kent, ainsi que tous ses amis et contacts qui ont été présents pour nous. Cette aventure s’est achevée ainsi, ou peut-être n’est-ce que le début…

20.07.2019 – DU NOUVEAU POUR MA SAISON 2019/2020

Fin avril 2019, le couperet était tombé… Chartres va redescendre en D2 ! Quel avenir pour cette équipe, telle était la question… je ne vais pas revenir sur ce que représente pour moi cette équipe chartraine, cela a déjà été exprimé dans un précédent article. Je m’étais engagé à défendre cette équipe de coeur en D2 pour lui redonner une place en D1.

Malheureusement, tout n’est pas aussi simple.

Willy Gérimont

Willy Gérimont est le meilleur joueur de jeux de série en France, il a été mon dauphin avec sa médaille d’argent au championnat d’Europe et nul doute qu’il a le potentiel pour gagner beaucoup d’or à l’avenir. Il doit penser à ce qui est bien pour sa progression, pour sa carrière, et il a décidé de ne pas jouer en D2. Et c’est bien entendu le juste choix, il doit jouer en D1, gagner le championnat de France, aller se battre en Coupe d’Europe et gagner ce titre ! Bien entendu, il représentera son club de Chartres en individuel.

Pas grave me direz-vous, je peux jouer avec Chartres et mon ami Justice, avec la forte équipe de D2 pour les aider à la remonter en D1… mais attention, le règlement de la FFB mettra Willy face à un choix cornélien la saison suivante puisqu’il lui sera interdit de jouer pour une autre équipe de D1 si son propre club se trouve en D1. Autrement dit, cela l’obligerait à démissionner de son club de Chartres pour poursuivre l’objectif européen avec Oissel. Absurde.

Alors Jacky, Willy et moi avons beaucoup discuté et nous avons décidé ensemble que l’aventure devait s’arrêter là. Pour le moment. Nous savons que les liens créés durant toutes ces années, en et hors compétition, demeureront même si l’équipe meurt.

Donc Willy a décidé de jouer la saison prochaine en D1 avec l’équipe de Oissel et ses nouveaux partenaires de jeu Johann Petit et Pierre Martory. Voilà une équipe très compétitive qui peut avoir de grandes ambitions en France et surtout en Europe ! Quant à moi, je ferai aussi partie de cette équipe en tant que remplaçant lorsque l’un de ces joueurs ne pourra pas assurer son rôle. Remplaçant, un rôle qui me va à merveille à l’aube d’un nouveau départ et de la réalisation de nouveaux projets.

L’équipe de Oissel, Johann Petit, Pierre Martory et Benoît Legros qui quitte cette formation pour de nouveaux défis à Douarnenez, remplacé par le chartrain Willy Gérimont.

Je suis triste de ce dénouement pour notre équipe chartraine, mais il nous est impossible de nous retourner sur nos échecs, les miens en particulier, et nous devons nous concentrer sur l’avenir. Je me réjouis que Willy puisse malgré tout poursuivre son ascension et trouver une nouvelle stabilité à moyen terme avec cette équipe qui peut faire très mal.

Bon vent Willy, et fais moi plaisir… déchires tout au passage ! L’or est pour toi !

Ma saison de billard 2019/2020 sera donc essentiellement suisse, avec là aussi un petit changement… de club. Ma licence suisse sera prise au nom du Club de l’Ouest Lausannois et c’est donc pour leurs couleurs que je jouerai cette prochaine saison. Pas la peine de s’étendre sur les raisons de ce changement, ceux qui doivent savoir sont parfaitement au courant de la situation.

Et pour terminer les échéances, il y en a une très importante qui se profile en septembre 2019 avec deux semaines au Vietnam, pas seulement pour passer des bonnes vacances, mais surtout pour rencontrer le joueur vietnamien omniprésent sur les réseaux sociaux Huynh Truong Thinh à la Thinh Kent Academy. Qui sait… peut-être la première étape d’une future collaboration.


06.05.2019 – MON EXPERIENCE A BRANDENBURG 2019…

“Les championnats d’Europe regroupés, c’est pour les joueurs de séries que nous sommes l’objectif principal de la saison… parce qu’en l’absence de championnat du monde, un titre de champion d’Europe c’est le graal… et parce que cela ne peut se produire que tous les deux ans. Autant dire que chacun d’entre nous était préparé et prêt à en découdre. Cela se ressentait, personne n’était là pour rigoler, il y avait du niveau ! Mais le sport est cruel parfois et seul le présent compte, il faut performer ici et maintenant !

Halle de jeu du Stahlpalast de Brandenburg… 18 tables !
(photo Billardmagazin Touch)

J’ai pris l’option de vous livrer mon expérience personnelle, laissant le soin à Kozoom et à la CEB la rédaction des résultats techniques des 18 championnats qui se sont joués ici à Brandenburg, dans cette énorme halle du Stahlpalast. Magnifique endroit pour un tel événement. La même impression que les fois précédentes, je me représente cet événement comme étant une commercialisation industrielle du talent anonymisé, mais très intéressant pour le spectateur qui a toujours quelque chose à voir. Je l’apprécie et en même temps je regrette le temps où chaque championnat d’Europe était dévolu à un organisateur qui pouvait ainsi promouvoir son sport dans sa région et créer une ambiance moins industrielle. Bonne nouvelle selon Diane Wild, présidente de la CEB, il semblerait que peut-être nous aurons la possibilité de participer à nouveau à de tels championnats d’Europe, plus souvent que tous les deux ans… l’avenir nous le dira.

à l’arrêt dans les bouchons…

Pour ce point d’orgue de ma saison, mon voyage débute ainsi en voiture. Un jour de voyage, plus de 1’000 kilomètres plus tard, nous arrivons au Stahlpalast de Brandenburg et prenons nos quartiers à l’Axxon Hotel, juste à côté. Très important pour moi de loger juste à proximité, pour ma préparation mentale avant chaque match, l’application d’un rituel bien spécifique, la récupération, la nutrition et l’organisation. Et donc j’avais réservé ma place il y a 7 mois !

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Ah oui, je dis “nous” parce que j’ai la chance d’être accompagné par ma moitié, l’amour de ma vie qui m’apporte son soutien, sa présence et sa compréhension absolue pour vivre au rythme effréné de Brandenburg !

Et pendant que j’y suis, puisque je suis pas certain que le lecteur que vous êtes tiendra la longueur, j’en profite ici pour vous remercier, à tous, de m’avoir soutenu, encouragé et félicité, par messages, mails ou sur les réseaux sociaux. Vous étiez tant que je n’ai pas pu vous remercier personnellement. Désormais c’est fait.

Championnat d’Europe – Cadre 71/2

26 avril à 09h00, je commence dans le dur avec mon match au grand cadre contre un des plus joueurs le plus fort et le plus difficile, le belge Eddy Leppens, grand favori au podium. J’adore cette personne, il est humble et sportif, mais il m’énerve car un peu comme à l’image de son compatriote Caudron, il fait tous les points. Tout le temps. Et partout. Une seule stratégie avec lui, l’attaque. La défense n’apporte rien, il est trop fort partout. Après avoir fait le point sur moi-même la veille au soir, je créé mon protocole pour ce match. Parfaitement conditionné, je transite de l’Axxon et à l’aire de jeu tel un autiste dans son monde. A l’entrée, j’y laisse mes soucis. Cet aire de jeu anonymisante favorise ma concentration car toute forme de distraction peut se gérer plus facilement, à l’image de ce public loin et ne formant que des ombres. Il n’y a plus que moi, Eddy et les billes. Je perds le tirage et je débute mon match par le point d’entrée, en deux bandes. Je me sens bien, mais le matériel glisse, il roule pas mal, mais je fais des points et je regroupe les billes. Une première erreur intervient lorsque, sur une position un peu compliquée et entrée, je choisis de doubler la bille dans la largeur. Je me mets en place puis je décide au dernier moment de changer la quantité de bille pour être sûr de toucher plus gros la bille 3. Mal m’en a pris, la bille 2 contre la bille 3 et je manque le point. Eddy prend la main et fidèle à lui-même fait une série. Moi, sur la chaise, j’ai pris parti de ne pas le regarder et ne pas gaspiller d’énergie en subissant son jeu. Je regarde le vide et reste mobilisé, en mode veille. Il me redonne une chance à la 2ème reprise et là encore, après quelques points difficiles, je commets la même erreur qu’à la première reprise. Un rétro direct assez grand et au dernier moment, je décide de changer et de prendre un poil plus fin, sans changer l’énergie, je recule pas assez et je rate.

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Eddy Leppens (photo Billardmagazin Touch)

Il a beaucoup d’avance au compteur avant de me laisser ma troisième chance. Je la saisis et, dans une belle série bien menée dans tous les domaines, je termine mes 150 points sur une série de 137. Eddy a la reprise, il fait une série et se dirige tout droit vers l’égalisation, avant de faillir à seulement 10 points du but. Je gagne ce match difficile, 150 à 140 en 3 reprises, c’était le plus dur, ce premier match de Brandenburg, contre Eddy, tout s’est bien passé. Retour en chambre pour me débriefer et me préparer pour mon second match.

Même jour, à 21h00, je constate que Eddy a gagné en 4 reprises contre le franco-grec Gerassimopoulos, qui n’a réalisé que 79 points. Avec ce score, même si Nikos gagne, il ne se qualifie pas, ce sera Eddy. Je joue donc contre un adversaire qui n’a plus aucune chance de se qualifier, qui n’a plus rien à perdre, tout au plus laver son honneur et la défaite subie par Eddy. Nikos est déjà très dangereux à la base, mais pire encore s’il joue sans pression. Même rituel et même protocole pour ce match, avec la pression de la qualification, je peux perdre mais je dois au moins faire 140 points… Je commence bien, je me sens bien, mais je commets une erreur identique à la première partie sur un rappel de longueur pourtant simple, je corrige au dernier moment la quantité de bille pour un meilleur rappel mais je ne change pas la hauteur d’attaque pour le point. A la 2ème reprise, j’ai les billes à cheval vers l’ancre et là encore, je joue sans réellement décider laquelle des deux solutions je veux… je rate encore. A la 3ème reprise, on reprend les mêmes et on recommence, sur un point d’échelle traditionnel, je décide une fois en place que je manque un peu d’effet et finalement j’en mets trop ! Bref je joue mal, et lui il joue très bien et ne se fait pas prier pour finir ses 150 points en 4 reprises ! Il me reste la reprise et c’est confiant que j’entame cette reprise par le point d’entrée, en deux bandes. Je joue bien, je joue juste, j’ai affiné mon protocole et j’ai enfin trouvé le bon rythme, celui qui va faire du mal ! Mais malheureusement, sur un rappel de long, la bille 2 vient heurter la bille 3 et me propose une position alignée le long de la petite bande, sans autre solution qu’un énorme massé… que je manque. Bravo Nikos pour cette victoire qui permet à Eddy de jouer les quart de finale.

Les médaillés au cadre 71/2 (photo Billardmagazin Touch)

Avant de vous exposer la suite, je souhaite relever les débuts incroyables du génie hollandais Swertz qui extermine ses deux adversaires en un coup, et de Van Etten qui réalise lui aussi la partie parfaite en un coup. Si on enlève au hollandais sont quart de finale difficile contre Leppens, il aura fait 700 points en 9 reprises, je vous laisse calculer… la logique est respectée, Swertz est le plus fort et remporte un nouveau titre. Daske s’est invité en finale par surprise. Faus et Van Silfhout complète le podium.

Championnat d’Europe – Cadre 47/2

Après une journée de repos forcé à Berlin, pendant laquelle j’ai dû réfléchir et analyser mes deux matchs précédents, mais aussi profiter de la visite et de temps libre, j’ai compris que mes deux matchs au 71/2 étaient bons, j’ai commis des erreurs certes, mais l’état d’esprit du combattant était bon et je sais que je suis sur la bonne voie. Utiliser ma défaite pour mieux adapter mon protocole, améliorer certains détails et points faibles, je suis confiant.

Arnd Riedel
(photo Billardmagazin Touch)

Mon premier match le 28 avril 2019, à midi, contre l’allemand Riedel qui s’est fait battre par Dupont 200 à 149 en 11 reprises. Je m’apprête donc à rencontrer dans la théorie un joueur qui vient de jouer 13.54 de moyenne… Mais je connais très bien ce joueur allemand, sans pouvoir vous dire pourquoi. Mais je sais qu’il est très dangereux et que, contre moi, il va déployer toute son énergie et tous ses moyens pour me montrer ce dont il est capable. Et je sais qu’il est capable de m’assassiner en un coup !

Je gagne le tirage et Riedel commence, le point d’entrée étant difficile. Il fait 27 points et me laisse la main. Je commence par une longue période de galère, pas loin de 50 points, avant de montrer les crocs et la maîtrise de mon jeu. Cette série toutefois s’arrête suite à une perte de contrôle des billes et un point où je veux utiliser le rejet naturel maximal de la bille, mais je prends trop plein. Lui il arrive sur la table et déroule ses compétences comme un champion, il termine sur une série de 173 ! A moi la reprise, point d’entrée toujours par deux bandes, mais je ne vais faire que 12 points… je prends les billes pourtant mais je manque de lucidité en entamant cette série comme si la précédente de s’était jamais arrêtée. Je manque sur une fausse queue sur un long rétro, comme un débutant ! Riedel gagne 200 à 143 en 2 reprises !

Certes j’ai perdu, mais je sais que je tiens le bon bout. J’ai le bon protocole, il suffit juste de l’appliquer. Mon jeu sur les billes de distance, de demi-distance est bon. Je sais garder le contrôle du petit jeu. Malgré cette défaite, c’était un bon match et je sais que je suis sur le bon chemin.

Patrick Dupont
(photo Billardmagazin Touch)

Pas le temps de se reposer, c’est parti pour mon second match de qualification au petit cadre, avec Dupont, un joueur français humble et modeste que j’apprécie tout particulièrement. Capable du meilleur comme du pire. Même rituel de la préparation jusqu’à la table, même protocole, j’applique le plan : j’attaque ! Pas de grande série dans ce match, mais une erreur à la première reprise, un buttage à la seconde reprise et la fin du match à la 3ème reprise. Je renoue avec la victoire et je bats Dupont 200 à 55 en 3 reprises. Je me sentais bien, j’étais prêt pour ces quarts de finale le lendemain matin.

Pascal Dessaint
(photo Billardmagazin Touch)

29 avril, à 1230, même rituel. Mais lorsque j’arrive en salle, je dévie… pour aller saluer mon adversaire du jour que je n’avais pas encore vu, le sympatique français Pascal Dessaint, puis je tombe sur un moins sympathique compatriote tricolore qui use de sa seule seconde de parole pour me lancer avec un petit sourire “alors ça c’est pas bien passé en D1…” faisant allusion à mes déboires en championnat de France qui ont conduit mon équipe de Chartres à devoir assumer une relégation. Rituel rompu, j’arrive à la table perturbé… le match va être long. Je fais tout pour me remobiliser et rester concentré sur mon plan et mon protocole. Dessaint, un peu nerveux, commence et très vite les billes s’écartent et nous devons assumer trois reprises très difficiles. Puis dès la 4ème reprise, on commence à jouer, à resserrer le jeu, mais moi j’ai pas la tête. J’ai de la peine à me concentrer, oublier ce qui m’a perturbé en début de partie, un peu comme des flashs qui reviennent régulièrement. Le rythme de jeu est faux, je prends trop de temps à choisir et pas assez de soin à l’exécution. Il me faudra pas moins de 8 reprises pour venir à bout de ce match sur un score final de 250 à 102, avec une excellente série finale de 135. Bon c’était pas un très bon résultat, mais ce petit accident de parcourt psychologique m’aura renforcé et mon perturbateur m’a finalement plus aidé par sa méchanceté qu’il ne l’avait certainement voulu. Rassurez-vous, après notre rencontre qui se déroulera ultérieurement, je lui ai dit ce que je pensais et il s’en est excusé. Je ne lui en veux pas, c’est oublié.

Leppens et Gretillat, fin du match ! (photo Billardmagazin Touch)

Je suis content, une demi-finale est synonyme de médaille ! Je retrouve mon belge Eddy Leppens. Cette fois, c’est certain, je ne vais pas serrer de main avant mon match, j’applique le rituel à 100% et je me retrouve à table, prêt à me battre. Le protocole est bon, il me faut retrouver le bon rythme, adapter mes choix et le soin à l’exécution. Leppens commence mais ne va pas jusqu’au bout. Il me laisse ma chance et j’entame alors une série bien maîtrisée qui prendra fin à 45 sur un grand massé, enfin un massé de taille moyenne, sur lequel je me suis répété “ne lâche pas” au moins 2’000 fois et évidemment… j’ai lâché! Drôle comme ça, mais là je ne rigole pas du tout. Je sais qu’Eddy va terminer. Et pourtant, il me laisse une seconde chance que je ne laisse pas passer ! Après une série de 205, je gagne 250 à 131 en 2 reprises. Mais quelle galère en cette fin de match pour rester concentré sur mon jeu… parce que mon pote Willy, sur l’autre table, est en train de réaliser l’exploit de battre le génie hollandais Swertz dans l’autre demi-finale. Je le suis d’un œil, d’une oreille, et lorsqu’il joue pour 5 je demande le nettoyage des billes… Gérimont gagne et il sera en finale,. je suis content comme si c’était moi qui me qualifie alors que je suis toujours en jeu. Désormais, chaque point que je réalise nous propulse vers une finale 100% chartraine que personne n’aurait osé rêver un jour !!! Incroyable, mon ami Willy et moi… en finale. Ca fait quand même bizarre… Chartres est vice-champion d’Europe, Willy et moi on est champion d’Europe et vice-champion d’Europe, sans savoir dans quel sens pour le moment, et pourtant si notre équipe survit elle ira se battre en D2… Bref pas le temps pour le futur, juste le présent, et là on laisse exprimer notre satisfaction. On fêtera cette finale à venir autour de la table à manger le soir même, on déjeunera ensemble le lendemain matin, puis on se séparera pour redevenir des adversaires…

Willy Gérimont
(photo Billardmagazin Touch)

30 avril, peu avant 10h30, je quitte ma chambre, préparé et conditionné, je rejoint ma table selon le rituel et enfin, je suis bien ici, en sécurité, je ne vois rien de ce qui m’entoure, je ne perçoit plus rien d’autre que mes billes, je fais fi des caméras, je suis prêt à me battre. Je choisis de commencer, d’attaquer le premier, je joue la sécurité par deux bandes même si l’attaque du premier point par la gauche commence à devenir possible. Cela me permet de jouer assez fort pour le point… mais je rate et laisse un point pas trop difficile mais écarté et Willy rate. A la seconde reprise, un grand point, je le réalise mais manque le second. Et de nouveau une reprise difficile pour Gérimont. Il rate et me laisse un grand point, que je réalise, je prend les billes et dans une belle série je réalise les 249 points restants. A Willy d’égaliser, il choisit d’attaquer par la gauche, ce qui nécessite une exécution parfaite avec ce matériel, mais il manque, pas assez d’énergie. Voilà c’est fait, mon 5ème titre de champion d’Europe, le 4ème dans cette discipline ! Bravo à Willy pour cette médaille d’argent ! Je sais que tu es le meilleur joueur français et que la couleur de ta médaille va devenir jaune très bientôt !

Les médaillés (photo Billardmagazin Touch)

Championnat d’Europe – à la bande

Jean-François Florent
(photo Billardmagazin Touch)

Ce championnat d’Europe à la bande débute le même jour, à 17h00, peu de temps après la finale du cadre 47/2. Et c’est pas plus mal ainsi, je suis chaud. Je joue bien, je suis en confiance, le rythme est bon, et je dois simplement continuer à appliquer mon plan! Je joue Jean-François Florent, une de mes deux bêtes noires en championnat de France par équipes, mais je suis motivé à rompre ce mauvais sort.

Je commence ce premier match à la bande, confiant, sur le même mode que ma finale, en mode Terminator. Et je le sens tout de suite. Je suis bien, j’ai le bon rythme à nouveau, adapté dans mes choix et mon exécution. J’alterne les phases de billes de près et de récupération, j’applique mon protocole et j’exécute Jeff en deux reprises seulement 100 à 8 !

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50.00, nouveau record de Suisse

Très belle partie, un nouveau record de Suisse pour moi. Je suis très content de cette première partie à la bande, car mon ambition est de gagner cette discipline. La bande est mon jeu favori, mais je n’ai jamais gagné, j’ai perdu 4 fois en finale de championnat d’Europe, certes contre les meilleurs que sont Caudron, De Bruijn et Zenkner, mais 4 échecs quand même. Ce titre me manque et je veux me battre pour lui. Et si je continue sur cette lancée, ça peut faire mal !


Dave Christiani
(photo Billardmagazin Touch)

Même jour, à 20h00. Après ce premier match à la bande, je suis confiant, j’avais la solution pour performer à ce jeu et continuer dans le championnat. Même si je rencontre le hollandais Christiani, un des meilleurs hollandais, je pouvais le faire. Mais un événement vient perturber mon rituel et le bon fonctionnement de la machine… cet événement c’est la cérémonie de remise des médailles de ma victoire au jeu précédent, prévue à 19h30. Alors que dans ma tête, je suis déjà passé à autre chose, alors dans mon cerveau je suis conditionné pour lutter et me battre sur la table dans cette seconde et cruciale partie… me voilà à me pavaner en musique, sur un podium, avec un hymne national, des photos, faut pas oublier de sourire, alors que j’étais en pleine concentration avant cela… je crois que c’est fini, mais non faut rester pour les autres disciplines… et après faut encore aller faire des photos officielles… lorsque je suis libéré de tout ce folklore, j’arrive enfin à ma table pour jouer, Christiani est à plus de 4 minutes d’échauffement ! Il me reste 1 minute pour visser ma queue, m’échauffer et tenter de me reconcentrer. C’est pas grave, je dois faire avec…. Mais je sais que ce sera difficile. La fatigue déjà présente suite à cette finale gagnée et mon premier match à la bande, toute cette énergie pour me conditionner inutilement… mais c’est pas important, c’est maintenant ou jamais. Et au départ, ça va encore, je me sens plutôt bien. Il adopte immédiatement un jeu ouvert, mais à la 4ème reprise j’arrive à rattraper mon retard avec une belle série bien menée de 42 points. Mais Christiani connaît mes faiblesses et me sent faiblir. Je touche moins bien les grands points, je commets des erreurs de touche grossières, il va continuer son jeu aux trois bandes. Moi je perds en énergie, je sors de mon protocole incapable d’y revenir. La seule fois où je parviens à récupérer des billes favorables à une série, mon faux rythme me pousse à l’erreur. Jusqu’à la fin je garde espoir de revenir, il me manque pas trop de point pour égaliser, mais cela ne se fera pas. Celui qui sera champion d’Europe gagne contre moi 100 à 78 en 12 reprises. Bravo à lui. Je suis évidemment très déçu par ce résultat, j’étais confiant et j’avais la solution, mais je n’ai pas réussi à performer une troisième fois dans cette journée, je n’ai pas réussi à mobiliser assez d’énergie pour revenir dans cette spirale, je n’ai pas réussi à participer à cette cérémonie sans casser ma concentration et ma préparation, et je n’ai pas réussi à développer mes capacités en arrivant dans ce match une minute avant le début !

Un petit mot encore sur ce championnat à la bande pour féliciter tous les médaillés et tout particulièrement mon ami Willy et surtout Johann Petit pour leur troisième place. Johann a déjà démontré à maintes reprises ses capacités à performer et créer la surprise avec des grandes séries. Cette fois, il en remet une couche en éliminant rien de moins de M. De Bruijn ! Et avec la manière, en deux reprises ! Johann aussi, je te le dit, la couleur de ta médaille va changer…

Et maintenant ?

Brandenburg aura été autant de succès que d’échecs… Je ne peux pas dire que j’ai mal joué, ni au 71/2 avec une victoire contre Leppens en 3 coups et 32 de moyenne générale, ni à la bande avec un nouveau record et une moyenne à plus de 12, et encore moins au 47/2 avec ma victoire… Mais je ne peux pas dire non plus que j’ai bien joué. Mes défaites contre Gerassimopoulos, Riedel et Christiani, ont montré que j’étais fragile par moment, même si j’ai subi de très bonnes performances. J’avais les moyens de faire mieux.

Alors et maintenant ?

C’est la première fois que je termine ma saison sans rien en ligne de mire… Aucune certitude, que des inconnues et des questions sans réponse. Chartres va-t-elle survivre ? Irons-nous nous battre en D2 ? Avec qui ? Une autre équipe française débauchera-t-elle le meilleur joueur de France ? Ou recevrai-je moi-même une proposition ? Et le DBC Bochum va-t-il avoir à nouveau besoin de moi maintenant qu’ils vont réformer des équipes de championnat à 4 joueurs ? Vais-je jouer la coupe d’Europe ? Avec qui ? Une équipe nationale suisse à nouveau ? Et en Suisse aurai-je du temps pour jouer en équipe ? Avec quel club ? Et y aura-t-il comme promis de nouveaux championnats d’Europe la saison prochaine ? Ça en fait des questions sans réponse…

Alors je vais laisser le temps répondre à ces questions et je vais continuer mon travail autour de ces billes avec toujours autant de plaisir, voilà ma seule certitude d’avenir ! Ce que j’ai travaillé pour me préparer cette saison à Brandenburg m’a procuré du plaisir, que faut-il de plus… Et je foisonne de projets pour les vidéos de Billard E-Learning !”

24.04.2019 – BRANDENBURG, THE EUROPEAN CHAMPIONSHIPS !

Affiche de la manifestation 2019

C’est parti, du 26 avril 2019 au 5 mai 2019, ce sont pas moins de 500 joueurs qui vont s’affronter dans 18 championnats d’Europe aux disciplines du trois bandes, de la bande, des cadres 47/2 et 71/2, de la libre, du billard artistique, autant du côté des hommes que des femmes, des juniors et des cadets ! Le tout sur 20 table, arbitré par 60 arbitres ! C’est tout simplement géant. Ne manquez pas cet événement, venez nous voir sur place ou regarder en Direct sur Kozoom !

21.04.2019 – OISSEL EN FINALE, CHATILLON RESTE, CHARTRES S’EN VA !

“Sale réveil que celui de ce dimanche, comme un lendemain de cuite… je me lève avec une réalité dramatique que jamais je n’aurais osé imaginer, et pourtant… c’est bel et bien la réalité en ce dimanche matin, Chartres va descendre en D2 ! Retour sur un samedi où tout pouvait basculer à tout instant !

En ce début d’après-midi, Chartres avait son premier défi… Châtillon, avec le génie hollandais Sam van Etten, un multiple champion d’Europe que j’admire Louis Edelin, et le très dangereux David Jacquet. Choix étonnant de Châtillon, Louis joue le grand cadre. Pour mon plus grand plaisir, c’était ma première victoire en finale de championnat d’Europe, c’était il y a 15 ans déjà. Le premier à apporter une victoire, c’est Jacky qui gère très bien sa partie à la bande. Pour ma part, après 3 mauvaises reprises, soit raté le point d’entrée trop plein, une fausse queue sur un rétro à la seconde, un éclatement indésirable à la troisième, je termine par une série de 193 à la quatrième. Voilà qui fait plaisir, Chartres bat Châtillon quoi qu’il arrive entre Sam et Willy. Et justement, Willy avait bien commencé avec une série de 130 environ, mais il perdra quand même son match alors que les occasions étaient là. Peu importe, Chartres gagne et il faut se mobiliser pour affronter Oissel, notre destin tiendra en une seule rencontre.

Louis Edelin, trop content de l’avoir rencontré !

A notre retour, la rencontre entre Oissel et Châtillon n’est pas terminée… van Etten a apporté la victoire à Châtillon, mais Petit a gagné pour Oissel, tout se joue au grand cadre entre ces deux équipes. Legros termine en premier, mais Louis égalise à la reprise sur une série de plus de 100.

Voilà Chartres contre Oissel, tout se joue maintenant. En cas de victoire, non seulement on sauve notre place en D1, mais en plus on accède à la finale. En cas de défaite, on redescend en D2 ! Le premier à faire son job, c’est Jacky qui gagne conte Petit, chapeau il faut le faire contre Johann à la maison ! Au grand cadre, je passe à côté. Certes de bons passages, mais je suis à côté quand même. Trop d’occasions ratées et contre Benoit toujours en forme contre moi ça ne suffit pas. Il termine son match sur une série de 120 à la 5ème. Tous les regards se tournent désormais au petit cadre. Willy et Pierre tiennent leur destin entre leurs mains. Beaucoup d’erreur entre ces deux joueurs, sous pression, et Willy passe lui aussi à côté et il n’en fait pas plus à Pierre pour terminer la distance. Willy manque l’égalisation qui n’aurait rien changé.

Ma bête noire… A l’intérieur, je ne ris pas du tout !

Voilà tout est dit désormais. Oissel va en finale de France, Chartres va redescendre en D2 ! Et dans la salle, une extraordinaire ambiance d’enterrement règne, pas un applaudissement au dernier point de Pierre, un respect quasi mortuaire des osseliens qui savent qu’ils viennent d’enterrer Chartres. Un respect sportif que j’ai encore jamais vu, comme s’ils étaient tristes eux-mêmes de ce résultat, alors qu’ils venaient de se qualifier. Merci pour votre sportivité.

Et maintenant que va devenir cette équipe de Chartres ?

Je sais que cette finalité fera plaisir à plus d’un, mais c’est le jeu et la loi du sport, il faut performer si tu veux rester. Nous on a failli, beaucoup trop de fois, moi surtout j’ai fait une bien mauvaise saison, trop de mauvaises parties, trop de défaites contre mes deux bêtes noires, une lourde responsabilité dans la finalité de cette saison catastrophe. En championnat de France, 4 défaites, 2 victoires, 26 de moyenne générale. En Coupe d’Europe, 2 défaites, 5 victoires, 38 de moyenne générale. Les extrêmes, entre la nullité 22 de moyenne et mon record personnel 63.5 de moyenne, certes des séries de 200 et 193, mais tout ça manque cruellement de constance sur l’ensemble d’une saison. Les extrêmes, entre l’argent européen et la D2 en France. Alors que mon rôle de mercenaire est d’apporter des victoires et des points, j’ai échoué.

Normalement, cette équipe ne devrait pas jouer en D2, le trésorier devrait me licencier pour mes mauvaises performances, le mercenaire que je suis devrait se tourner vers d’autres équipes et d’autres propositions au cadre et à la bande, en France ou en Allemagne, et Willy le meilleur joueur de France devrait retrouver très facilement une équipe de D1 et se tourner vers de nouveaux défis…

Mais voilà au sein de cette équipe de Chartres, il y a quelque chose de différent… au cours de ma carrière, j’ai joué pour un équipe hollandaise, deux équipes allemandes, douze années avec le DBC Bochum, 10 fois champion d’Allemagne, record absolu en Allemagne avec 7 reprises pour 4 matchs d’équipe, et j’ai joué avec deux équipes françaises. Je me suis toujours considéré comme un mercenaire qui joue là où on lui demande de jouer ! Mais Chartres c’est différent, j’y ai trouvé des amis, je ne joue plus comme un mercenaire, je joue avec des potes. Une famille avec qui je partage tout mon savoir sans aucune retenue et pour qui je me suis battu comme pour moi-même. Trois titres de champion de France, deux médailles d’argent européenne, cette équipe a un énorme potentiel, j’y ai vraiment cru et j’y crois toujours. Aucune équipe européenne n’a cet état d’esprit. Peut-être que cet état d’esprit ne survivra pas à cette place qui nous attend en D2, je l’accepterai sans soucis, c’est le sport. Le regret et ma responsabilité ne me feront pas oublier ce que nous avons été, bien plus qu’une équipe.

Alors quel avenir ? Jouer en D2 ? Et pourquoi pas ?… si Chartres m’appelle pour reconquérir notre place en D1, je balaie toute autre proposition et je signe, pour pas un sous ! Sinon, la vie continuera.

En attendant de connaître la suite, je voudrais remercier mes amis Willy et Jacky, nos supporters les plus fidèles Jenifer, Viviane, Jean, Mireille, tous nos supporters de Chartres qui nous ont soutenu et qui m’ont accueilli dans ce club, et bien entendu Katia l’Amour de ma vie pour sa patience, sa bonne humeur et son soutien indéfectible qu’elle a apporté dans cette équipe.”

01.04.2019 – L’ARGENT EUROPEEN POUR CHARTRES !

Du 29 au 31 mars 2019, le club de Douarnenez organisait la finale de la Coupe d’Europe par équipes aux jeux de série, à savoir les deux cadre 47/2 et 71/2 et la bande. Cinq équipes ont gagné leur place en qualifications européennes pour rejoindre l’équipe tenante du titre et organisatrice, Douarnenez-Valdys. C’est donc dans leur amphithéâtre, un magnifique club doté de gradins permanents, permettant de voir les jeux en hauteur, que les meilleures équipes européennes se sont disputées le titre.

Une galerie, des tribunes permanentes, que demander de mieux…
une vue parfaite pour apprécier les performances

Dans le premier groupe, les hostilités ont débuté entre Douarnenez et Chartres, avec la victoire de juste pour les tenants du titre 4 à 2. Gérimont a profité d’une faiblesse de départ de Swertz pour gagner en 250 à 26 en 4 reprises, alors que Soumagne a battu Gretillat 200 à 161 en 4 reprises, et Le Deventec a devancé d’une très courte distance Justice, 120 à 116 en 15 reprises. Au second tour, Douarnenez a obtenu son ticket pour les demi-finales en écrasant le club allemand Meklinde 6 à 0, Swertz reprenant le chemin du succès en 2 reprises, alors que Soumagne a eu besoin de 9 reprises pour réaliser la distance, et 20 reprises pour Le Deventec. Puis c’était au tour de Chartres de se qualifier en demi-finale en battant Merklinde 5 à 1, victoires de Gérimont 250 à 7 en 4 reprises, de Gretillat 200 à 0 en 1 reprise, et égalité de Justice 120 à 120 en 20 reprises.

Dans le second groupe, Oissel s’est incliné face à l’équipe hollandaise ABC Afferden, grâce à une belle performance de l’ancien champion du monde à la bande Bongers qui a pris le dessus sur Petit 120 à 33 en 7 reprises, et aussi à cause de la contre-performance de Legros qui s’est incliné 200 à 64 en 11 reprises contre Timmers. Seul Martory a rapporté deux points de match à Oissel en gagnant contre Van Bochem 250 à 48 en 8 reprises. Au second tour, les hollandais ont subi la tornade allemande du DBC Bochum. Le prodige Van Etten a explosé Van Bochem 250 à 28 en 2 reprises, Nockemann a vaincu Timmers 200 à 71 en 7 reprises, alors que Havlik a battu Bongers 120 à 60 en 14 reprises. Au troisième tour décisif, les allemands ont confirmé leur statut de prétendant au titre sans vaciller contre Oissel. Van Etten n’a fait qu’une bouchée de Martory, 250 à 1 en 1 reprise, Nockemann profitait de la petite forme de Legros 200 à 139 en 7 reprises, seul Petit apportait la victoire à Oissel contre Havlik 120 à 67 en 6 reprises.

Les quatre équipes finalistes, avec nos arbitres.

Dans la première demi-finale, les tenants du titre Douarnenez n’ont pas rencontré de difficulté contre les hollandais de ABC Afferden. Swertz a battu Van Bochem 250 à 33 en 3 reprises, Soumagne a réalisé une belle partie en 3 reprises contre Timmers, 200 à 72. Et donc le match entre Le Deventec et Bongers a été stoppée alors que le hollandais donnait la fessée au français 107 à 31.

Dans la seconde demi-finale, tension maximum. Van Etten donne la première victoire à son équipe en battant à une vitesse folle Gérimont 250 à 228 en 2 reprises. Alors que rien ne semblait arrêter l’allemand Nockemann à la reprise égalisatrice, il a craqué à seulement 4 points de la fin, laissant la marque en faveur de Gretillat 200 à 196 en 4 reprises. Tout s’est donc joué dans la partie au coude à coude entre Justice et Havlik, ce dernier s’inclinant finalement 120 à 95 en 15 reprises.

Les finalistes, quelques minutes avant la confrontation…

En finale, le premier à terminer son match a été Swertz … le hollandais a réalisé la partie parfaite en 1 reprise, 250 à 19, Gérimont ne parvenant pas à égaliser. Au cadre 71/2, c’est le suisse Gretillat qui a remis les deux équipes à égalité en gagnant contre Soumagne 200 à 96 en 3 reprises. La tension était à son comble pour cette partie décisive à la bande, et c’est finalement le joueur local de Douarnenez, Le Deventec, qui a apporté la délivrance à tout son public en gagnant contre Justice 120 à 94 en 13 reprises.

Double champion de France, et désormais double champion d’Europe. Douarnenez fait le plein de titre avec cette équipe que rien ne semble arrêter. Quant à Chartres, elle se réveille dans cette finale de Coupe d’Europe pour s’arrêter à un cheveux du titre, alors qu’elle luttera contre la relégation en championnat de France.

Double championne d’Europe, l’équipe de Douarnenez-Valdys
Les chartrains, un peu déçus,,, et la relève !

“Pour ma part, que dire… Il faut d’abord préciser que j’ai durement travaillé pour combattre certains problèmes responsables de mes mauvaises performances cette saison. Et là, je sais que je tiens le bon bout, ce qui est plutôt positif vu les échéances à venir. Commençons donc par le début.

Ce premier match contre Soumagne que je je perds, la faute à cette magnifique série, très maîtrisée, très académique, mais qui s’arrête. Et durant cette série, une coupure, un changement de côté, mais jamais de perte de maîtrise. Vraiment beau, mais trop court. Pierrot, lui, c’est dans ces moments motivants qu’il dit lui-même être le plus performant. Il termine son match juste après, et moi, pourtant confiant, je ne parviens pas à égaliser. Déception pour moi, mais quand même une bonne dose de confiance sur les billes de près, avec quand même un changement de côté.

Au second match, la partie soi-disant parfaite parce que une seule reprise… mais en réalité loin d’être parfaite. Alors cette fois, toujours de la maîtrise dans le petit jeu, mais uniquement sur des phases plus courtes, ce qui m’oblige à beaucoup voyager sur des nombreuses phases de demi-distance. Et c’est ma seconde satisfaction après cette maîtrise du petit jeu, c’est cette performance dans la demi-distance où j’ai voyagé plusieurs fois d’un côté à un autre, où je suis carrément resté dans le centre du billard, sans jamais perdre la main, le tout dans une demi-distance relativement bien maîtrisée. Et en plus, cette fois, jusqu’au bout. Je n’ai pas vacillé, j’ai fait mes 200 points !

Au 3ème match avec Nockemann, il me distance au début de la partie, mais je reviens et je termine même dans la même continuité des deux parties précédentes, avec une petite tension supplémentaire pour l’enjeu de cette qualification en finale, et avec une petite difficulté supplémentaire pour le profil difficile à jouer de mon adversaire. D’ailleurs, comme un morpion bien accroché, il a bien failli égaliser s’il n’avait pas craqué à 4 points de la fin.

En finale, face à Soumagne, même protocole, même lignes directrices, même sérénité, même détermination. Une belle partie en 3 coups. Deux séries qui ont alterné du beau jeu de près et de la récupération maîtrisée de demi-distance.

Voilà, d’habitude, je me flagelle, je me critique, je me déteste parfois, là je profite… certes je peut faire mieux, j’ai commis des erreurs, mais j’ai quand même battu de peu mon record à 63.41 de moyenne générale (avant c’était 60.00), j’ai fait une partie en un coup, et j’ai mis dans toutes mes parties la manière pour jouer ces séries… alors pour cette fois, je suis content. Si, si, vous l’avez bien lu, je suis content. Je reviens de loin, j’avais vraiment de la peine, mais mon travail semble payer, au moins pour cette fois, alors je suis content.

Il faut aussi savoir apprécier lorsque cela arrive…

Je voudrais aussi adresser mes félicitations au club de Douarnenez pour leur performance et leur organisation, vous avez une sacré équipe de joueurs et de bénévoles et de magnifiques locaux. Ceci étant dit, M. le Président, je ne manque pas de “discernement” lorsque ma compagne se voit refuser l’entrée de la salle sous prétexte que toutes les places ont été réservées, alors qu’il y avait plus de 20 places assises de libre durant mon match. Une première en plus de 150 organisations… Mais je vous remercie d’avoir trouvé une solution, j’ai entendu vos excuses et je sais que vous saurez mieux faire pour la prochaine édition, qui se déroulera quoi qu’il arrive sans chartrains.

Je tiens à remercier mes camarades d’équipes, mes amis, et tous les supporters qui nous soutiennent. Je ne sais pas ce que va devenir cette équipe, mais je suis fier d’y être et je sais qu’on est capable de grandes choses.”

25.03.2019 – QUALIFIE POUR LA FINALE DE 3 BANDES LNA

Bien… parfois il ne faut pas bouder son plaisir lorsque, pour une fois, une partie est bien jouée. Celle-là c’est le cas ! Des milliers de joueurs dans le monde pourront dire que c’est normal, moi je m’en fous c’est pour mon modeste niveau une bonne partie. Voilà c’est dit.

Lors de cette qualification pour la finale Suisse de 3 bandes LNA, je me suis battu contre mon camarade de club Couto et j’ai gagné cette première partie avec une petit résultat 35 points en 38 reprises… Au second match, c’est un échec 33 à 34 contre Boode en 40 reprises, ce 3 bandes est incroyable. Je commence tranquille 10 en 9, puis je ne fais plus que 1 point en 16 reprises, puis je remonte en faisant 21 points en 12 reprises… Je ne comprend rien à ce trois bandes ! Au 3ème match, là j’ai eu du plaisir, Dans la continuité de ce second match, je fais cette belle partie de 35 points en 24 reprises, rien à dire pour moi c’était bien. Puis au 4ème match, je m’incline à nouveau contre mon pote PA avec une bien mauvaise partie, seulement 22 points en 35 reprises.

Voilà je termine cette qualification avec le meilleur résultat des deux qualifications de Zürich et Lausanne, soit seulement 0.912 de MG, une MP de 1.458 et une série de 6. Bonne chance aux qualifiés pour la finale, moi je ne participerai pas. C’est un choix pour privilégier ma préparation aux jeux de série.