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Turquie – Antalya – championnats d’Europe All-in-One
Turquie – Antalya – championnats d’Europe All-in-One

Turquie – Antalya – championnats d’Europe All-in-One

C’est dans l’hôtel du Seginus Royal que la Fédération Turque de Billard a organisé les championnats d’Europe regroupé, dits les All-in-One, du 7 au 15 mars 2026. Trois bandes, 5 quilles, artistique pour les hommes, femmes, U25, individuels et par équipes nationales, tout y est… et bien entendu les disciplines classiques des cadres 47/2, 71/2 et de la bande. Je ne vais présenter ici que ces trois disciplines qui me concernent directement, pour le reste tout est accessible sur le site de la CEB. Si c’est mon récit personnel qui vous intéresse, alors allez tout à la fin de l’article.

Championnat d’Europe à la bande

Tout commence par le jeu de la bande dès le premier jour de compétition.
Dans le groupe A, l’autrichien Kahofer gagne ses trois matchs avec la meilleure moyenne du groupe à 7.50. Le second qualifié est l’espagnol Mata qui a dominé le hollandais Veldhuizen au premier tour en 19 reprises avec des conditions de jeu difficiles, perdu son second match contre Kahofer, et gagné sur le fil 100 à 95 contre le tchèque Cebula.
Dans le groupe B, le français Leroy gagne également ses trois matchs, d’abord en 24 et 22 reprises, puis sort une grosse partie contre Niessen en 5 reprises ! Le second qualifié en quart de finale sera le danois Zola Hansen qui créé la surprise en éliminant le tchèque Faus et le belge Niessen qui n’ont pas joué à leur niveau habituel, sans doute à cause de la difficulté du matériel.
Dans le groupe C, le prodige hollandais gagne ses trois matchs difficilement en 18, 19 et 15 reprises. La seconde place revient au grec Gerrassimopoulos qui réalise la meilleure partie du groupe en 13 reprises et obtient deux victoires contre le français Petit et l’autrichien Hikl.
Dans le groupe D, le plus régulier aura été le français Gérimont qui gagne ses trois matchs en 13, 11 et 9 reprises. Le second qualifié est le suisse Gretillat qui réalise une première partie en seulement 6 reprises, avant de subir la loi du français et d’arracher finalement de justesse sa qualification contre le belge Janssen. Le hollandais Van Silfhout aura payé cher sa première défaite contre Gretillat qui le recale à la 3ème place de ce groupe.
En quart de finale, Gerassimopoulos prend le dessus sur Gérimont en 11 reprise, 120 à 69, avec un belle série de 98, la meilleure du tournoi. Swertz ne laisse aucune chance à Zola Hansen, 120 à 35 en 8 coups. Leroy arrache difficilement sa place face à Mata 120 à 85 en 17 reprises. Kahofer fait presque la même chose contre Gretillat avec 120 à 85 en 15 reprises.
En demi-finale, Swertz gagne contre Gerassimopoulos dans une partie qu’on lui pensait impossible en 31 reprises… 120 à 99. Sur l’autre table, Leroy se qualifie en finale face à Kahofer 120 à 90 en 11 reprises.
En finale, Leroy gagne face à Swertz son premier titre de champion d’Europe à la bande 120 à 91 en 13 reprises, grâce à un départ très fort qui l’a conduit à environ 90 points en 4 reprises, avant de subir la pression et le retour de Swertz. Un très grand bravo à Leroy, un vainqueur confiant, battant et régulier, qui a su saisir sa chance dans un championnat aux conditions difficiles.

Championnat d’Europe au cadre 71/2

Dans le groupe A, alors que Gerassimopoulos est en lutte avec le hollandais Veldhuizen avec un match nul 150 à 150 en 13 reprises, l’autrichien Kahofer semble confiant avec le français Florent 150 à 35 en 5 reprises. Au tour suivant, Kahofer met un pied en quart de finale en gagnant Veldhuizen 150 à 128 en seulement 2 reprises, alors que Gerassimopoulos ôte tout espoir de qualification à Florent en le battant 150 à 134 en 9 reprises. Au dernier tour, tout se passe entre Veldhuizen et Gerassimopoulos qui se disputent la 2ème place du groupe. Et c’est le hollandais qui l’emporte en battant Florent 150 à 72 en 3 reprises.
Dans le groupe B, Swertz est l’homme fort en remportant ses 3 matchs en seulement 3, 3, et 1 reprises. La seconde place s’est donc jouée entre Hikl et Mata et c’est au premier match que cette confrontation a eu lieu, et à l’ouverture de ce championnat c’est l’espagnol qui se montre le plus fort 150 à 27 en 7 reprises, et donc sans le savoir se qualifie en quart de finale. Le tchèque Cebula s’incline trois fois.
Dans le groupe C, Faus et Gérimont sont les favoris de ce groupe face à l’allemand Pöther et au belge Devos. Ceux-ci n’ont pas réussi à créer la surprise face aux favoris, et c’est Devos qui gagne la confrontation entre eux. Entre les deux favoris, c’est Gérimont qui se montre le plus fort face à un Faus fortement diminué, 150 à 29 en 7 reprises.
Dans le groupe D, c’est l’espagnol Albert qui créé la surprise en remportant ses trois matchs, de mieux en mieux, de plus en plus confiant, il profite d’abord de la faiblesse d’entrée de Gretillat 150 à 86 en 9 reprises, puis celle de Niessen 150 à 79 en 7 reprises, puis la dernière partie sans enjeu avec Bakker 150 à 5 en 3 reprises. La seconde place se joue entre Niessen et Gretillat, et dans cette confrontation le suisse procède à l’égalisation 150 à 150 en 4 reprises. C’est donc la victoire de chacun avec Bakker qui qualifie le belge grâce à une meilleure moyenne.
En quart de finale, le choc hollandais tourne à l’avantage du jeu Veldhuizen qui bat Swertz après prolongation 150 (1) à 150 (20) en 8 reprises. Le choc entre les espagnols Mata et Albert met fin aux espoirs de médaille 200 à 113 en 4 reprises. Gerimont bat Faus dans la difficulté 200 à 148 en 13 reprises, alors que Kahofer atomise Niessen 150 à 59 en 2 reprises.
En demi-finale, Kahofer poursuit sur sa lancée, en pleine confiance, avec une série parfaite face à Gérimont, 200 à 0 en 1 reprise. Et l’espagnol Mata met fin au parcours de Veldhuizen 200 à 174 en 6 reprises.
En finale, l’autrichien en pleine confiance réalise une série de 152 qui fera la différence dans cette partie en 5 reprises, 200 à 76. Kahofer remporte son 5ème titre de champion d’Europe !

Championnat d’Europe au cadre 47/2

Dans le groupe A, Velhuizen continue sur sa lancée après son beau parcours au 71/2 et remporte ici trois victoires en 2, 4 et 3 reprises. La seconde place est revenue à Gerimont qui, après s’être inclinée face à Veldhuizen en 2 reprises, se reprend et gagne face à Pöther et Janssen en 5 et 4 reprises. La 3ème place se jouait donc dès le premier match entre ces deux derniers, à l’avantage de Janssen qui a battu Pöther 200 à 91 en 3 reprises.
Dans le groupe B, Swertz poursuit également son parcours avec trois victoires en 2, 1 et 3 reprises. L’autrichien Hikl a certes subi la loi de Swertz en 1 reprise, mais a gagné face à Gerassimopoulos et Cebula en 7 et 5 reprises, obtenant sa place en quart de finale. Gerassimopoulos prend ainsi la 3ème place de ce groupe en battant Cebula 200 à 54 en 4 reprises.
Dans le groupe C, le hollandais Kanters perd ses trois matchs. Mata, Florent et Niessen se neutralisent en gagnant chacun deux matchs et se retrouvent donc à égalité de victoires. C’est donc la moyenne qui les départage et à ce jeu-là c’est le Niessen (38) qui en fait les frais, pourtant auteur de la meilleure série de 200. Mata (45) et Florent (40) se qualifient en quart de finale.
Dans le groupe D, le suspens sera à son comble jusqu’au bout, et comme bien souvent les premiers matchs sont les plus importants. Faus se qualifie avec deux victoires en 3 reprises avec Petit 200 à 136 en 3 reprises et avec Van Bochem 200 à 8 en 3 reprises. Petit et Gretillat auront le même parcours, ils perdent leur premier match respectif, font égalité entre eux, puis gagnent leur dernier match. Ils sont donc à égalité et doivent se départager à la moyenne, et là c’est le français qui l’emporte de peu. Van Bochem reste avec une victoire au premier match avec Gretillat qui aura coûté cher au suisse.
En quart de finale, Swertz et Florent ne laissent que peu de chance à leur adversaire respectif Petit et Faus avec deux victoires en seulement 2 reprises. Gerimont et Hikl gagnent leur match un peu plus disputé, en 6 reprises chacun, contre Veldhuizen et Mata.
En demi-finale, Swertz continue à dérouler face à Gerimont, 250 à 59 en 2 reprises, série de 206 pour le hollandais. Et de l’autre côté, Florent s’offre une place en finale en battant Hikl, 250 à 180 en 5 reprises.
En finale, on pensait voir Florent aller jusqu’au bout dans sa série, mais il s’arrête à 129. Alors le génie hollandais Swertz fait son récital et réalise les 247 points manquants. Et le français manque sa reprise, offrant le titre au hollandais ! Bravo à Swertz qui s’offre là le 8ème titre de champion d’Europe de sa carrière !

Mon récit personnel

« Il n’est pas évident à résumer…
Bien préparé, j’avais trouvé un chemin pour la performance lors de mon dernier match à Douarnenez. J’ai travaillé dessus et je suis arrivé avec un nouveau plan qui s’est montré très efficace à mon premier match à la bande. Alors tous galéraient, moi j’étais à fond dans mon plan, pourtant sur un matériel difficile, tombant, extra rapide et surtout hyper glissant ! 100 points finalement en 6 reprises, avec une série de 73. J’étais satisfait du travail accompli en amont et de constater que mon plan avait fonctionné. Pas de question à se poser pour le match suivant avec Gerimont, j’étais vraiment bien au début jusqu’à la troisième reprise où je reste assis une heure pour 66 points de série de Willy… au terme, je ne savais plus comment je m’appelais. Ce match a été très mal préparé, j’aurais dû m’y attendre et anticiper des solutions. Au lieu de cela, j’ai subi et ensuite j’ai souffert, incapable de réagir alors que pourtant les reprises se sont ensuite accumulées. Au 3ème match, ce n’était pas mieux, je n’ai pas réussi à inverser la tendance malgré une victoire… mais en match marathon de 32 reprises. Je suis retombé très bas, totalement incapable de revenir à l’état initial de ce début de compétition. Le quart de finale contre Kahofer était à peine meilleur, mais insuffisant pour aller plus loin. Grosse déception de ne pas avoir anticiper ce qui allait se passer et ne pas avoir réussi à conserver la bonne préparation de ce début de tournoi.
Au cadre 71/2, je commence avec le souvenir de la déception ancré en moi, pas de confiance, et un espagnol en pleine forme qui me met sous pression dans la première reprise. Ce premier match sera une défaite et elle me coûtera très chère. Au second match, je vis un répit, un match plus facile qui me permet de reprendre un peu confiance et de terminer par une victoire en 6 reprises. Ma qualification se joue au dernier match face à Niessen. Celui qui gagne ira défendre ses chances en quart de finale. Tous les deux nous jouons mieux, mais Niessen finit le premier, et j’égalise sur la reprise avec une série, mais le match nul ne me permet pas de me qualifier, Niessen ayant une meilleure moyenne. Ainsi s’achève pour moi le 71/2, avec une nouvelle déception un peu amère et en mémoire la galère connue au premier match avec l’espagnol.
Mémoire qui va m’ccompagner au premier match du championnat au cadre 47/2 avec Van Bochem qui me laisse pourtant 9 reprises. Il y avait de la place pour gagner, mais je subis toujours le même état d’esprit sans pouvoir me reprendre efficacement. Je ne trouve la solution de tout cela qu’au second match où cette fois j’ai bien travaillé et je suis parvenu à mettre en place ce qui doit l’être dans ma tête. C’est pas un match incroyable, mais c’était mieux et cela présageait du bon pour la suite avec ces solutions mises en place. Malheureusement, ce match n’est pas gagné, il se clôture par une égalité grâce à l’égalisation de Petit à la reprise. Au dernier tour, Petit, Van Bochem et moi-même jouons notre qualification. Mêmes solutions mises en place, même chemin, il est efficace et me permet de jouer une série de 184 et de gagner le match en 4 reprises. Mais Petit joue bien aussi et termine son match en 5 reprises, obtenant ainsi une meilleure moyenne générale que moi. On est à égalité lui et moi, mais c’est lui qui passe à la moyenne. Même scénario, même déception.

De toute ma carrière de joueur de billard, revenir après trois années d’arrêt d’entrainement et de compétition restera à tout jamais le plus difficile qu’il m’a été donné de vivre. Le plus difficile certes, mais aussi le plus intéressant, je dirai même bien plus intéressant que ce qu’il m’a été donné de faire jusqu’à présent.
Après l’échec de Cervera l’année dernière, j’avais pointé des éléments à travailler et mis en place un entrainement que j’ai tenté de réaliser au mieux avec autant de rigueur que possible. J’ai ensuite tenté de mettre en oeuvre ce travail dans les matchs suisses et français, sans jamais vraiment réussir. J’ai eu certes de jolis succès, mais aussi beaucoup d’échecs, de très gros échecs. Expérience après expérience, j’ai essayé d’affiner ce travail, mais concrètement en vain car parfois oui cela fonctionnait puis parfois non, il me manquait quelque chose. Lors de la dernière échéance à Douarnenez, j’ai ajouté des éléments après la demi-finale perdue et travaillé ces éléments durant la nuit pour les mettre en oeuvre le dimanche lors de la petite finale. Le résultat était probant, presque la partie en coup… j’avais là peut-être l’élément manquant. Que j’ai remis en place ici à Antalya dès mon premier match, ce qui n’a pas manqué non plus, le chemin est probant aussi. Même état d’esprit au début du second match, avant de subir et de retomber dans mes démons… Incapable réellement d’en revenir, j’ai été mal sans être capable de réagir. Alors je suis retourné au travail, aidé par un coach bienveillant qui a l’oeil il faut le dire, j’ai compris différentes choses, remis de l’ordre, essayé de mettre en place les changements, et oui cela a apporté des résultats probants aussi… hélas trop tard. Beaucoup beaucoup d’échecs certes, mais les échecs ce n’est rien d’autre que le chemin vers le succès. Alors une fois la déception digérée, je suis déjà tourné vers l’avenir, en train de préparer le rendez-vous suivant, dans une année, probablement en Hollande. Se remettre au travail avec une dizaine de nouveaux éléments à créer et mettre en place, ou simplement améliorer ce qui fonctionne déjà. Préparer un plan d’entrainement pour les mois à venir, à évaluer échéance après échéance… et elles ne vont pas tarder puisque dans trois semaines je joue un tournoi à la bande au… Vietnam. Les tueurs vietnamiens seront un excellent terrain pour travailler tout cela. J’aime travailler, j’aime l’idée d’avoir un objectif l’année prochaine et de travailler pour l’atteindre, même si au final le but n’est pas important, seul le chemin compte.« 


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