France – Douai – Fête du billard grâce à l’Entente de Douai/Carvin
France – Douai – Fête du billard grâce à l’Entente de Douai/Carvin

France – Douai – Fête du billard grâce à l’Entente de Douai/Carvin

L’Entente Amicale Douai / Carvin a constitué une équipe de choc cette saison dans le championnat de France de D1 aux jeux de série… deux des meilleurs joueurs du monde sont alignés dans cette formation, soit Patrick Niessen et Frédéric Caudron, pour renforcer déjà le champion d’Europe à la bande Alain Remond et le Master Pascal Dessaint. Et bien plus que de proposer une formation exceptionnelle, les présidents de cette entente se sont mis d’accord avec leur voisin le BCCO de Ronchin pour organiser au même endroit et en même temps les deux tours de qualifications du championnat de France. Ce sont donc 6 équipes que le public de Douai a pu voir dans la magnifique salle Descartes de l’IMT Nord Europe de Douai… et pas n’importe quel public s’il vous plaît… les gradins pouvant accueillir 250 personnes ont fait leur plein durant les deux jours… cela faisait plaisir de constater, n’en déplaise aux détracteurs, que les jeux de série ne sont pas encore morts ! Loin de là même dans ce coin de France ! En tout cas grosses félicitations aux organisateurs qui ont pensé aussi à une aire de cafétéria pour manger et boire, des billards Decathlon pour que le public et les enfants puissent pratiquer un peu le billard, un stand pour présenter le Caromball.com, bref une vraie fête du billard ! Bravo à l’Entente Amicale Douai / Carvin !

Niveau des forces en présence, ce rendez-vous offrait un sacré plateau de joueurs… le plus fort de tous, Frédéric Caudron, 12 fois champion du monde et 30 fois champion d’Europe. Mais aussi Raymund Swertz (5 titres européens), Alain Remond (1), Willy Gérimont (1), Brahim Djoubri (3), Xavier Gretillat (5), ainsi que pléthore de champions de France Masters, dont notamment Jean-François Florent, président du BCCO et champion de France dans toutes les disciplines de jeux de série en France, cela mérite d’être relevé.

Dans le groupe A, L’Entente Amicale Douai / Carvin recevait l’équipe de Douarnenez, champion de France et champion d’Europe en titre, ainsi que l’équipe d’Epinal.

Dans le groupe B, le BCCO de Ronchin recevait les équipes de Chartres et de Voisins-le-Bretonneux.

Malheureusement pour elles, les équipes de Voisins-le-Bretonneux et d’Epinal se sont logiquement inclinées deux fois chacune. Le suspens résidait donc dans les confrontations de Douai/Carvin avec Douarnenez et de Ronchin avec Chartres !

Dans la première confrontation, il y avait le match que tout le monde attendait, le génie hollandais Raymund Swertz et l’extraterrestre Frédéric Caudron, dans la discipline du cadre 71/2. Les deux joueurs ont été en difficulté par les conditions de jeu difficiles et le jeu présenté n’était pas à la hauteur de leur talent. Et c’est Raymund qui cette fois l’a remporté, bravo à lui ! Douarnenez remporte cette confrontation et maintient sa première place du groupe !

Dans la seconde confrontation très attendue, c’est en premier Bernard Villiers qui a donné une première victoire à Ronchin en finissant ses 120 points en 25 reprises. Puis c’est au tour de Willy Gérimont au cadre 47/2 de terminer ses 250 points avant Djoubri, mais ce dernier n’a rien lâché et égalisé rapportant un point supplémentaire à son équipe. Désormais tous les yeux se sont tournés sur la table du centre où Florent et Gretillat se disputaient un match sous haute tension, avec des conditions de jeu difficiles. Gretillat a terminé ses 200 points avant Jeff, mais là encore le ronchinois n’a rien lâché et a démontré son talent en égalisant. Deux égalités et un match perdu, c’est bien Ronchin qui a remporté la victoire et prend la première place du groupe.

La suite des qualifications pour accéder aux finales de France, ce sera à Chartres qui recevra le BCCO de Ronchin et le BC Oissel le 20 avril 2024.

« J’ai mal habitué mes lecteurs qui m’ont demandé le jour-même mon compte-rendu… un peu plus personnel… donc… quant à moi, je dois avouer que j’avais bien des galères à gérer dans ma tête. La principale, c’est mon retour en compétition, après trois années d’absence, c’est difficile, j’ai évolué, j’ai régressé dans certains domaines, je me suis amélioré dans d’autres domaines, la technique et la conception peuvent se travailler à l’entraînement, mais pas la psychologie… alors que le mental c’est 95% de mon résultat. Revenir, ce n’est pas facile, il faut être prêt à faire pitié, être prêt à jouer moins bien, à perdre, à être ridicule… j’ai eu quelques échéances pour m’y préparer, quelques rendez-vous en Suisse sans importance, puis ma première vraie compétition à Oissel, puis celle-ci à Douai où je me sentais comme en championnat d’Europe. Voilà un vrai test pour savoir si oui ou non Papi est capable de revenir à la compétition. L’objectif final c’est forcément l’Espagne et les trois championnats d’Europe.

En terme de préparation, je n’ai pas réinventé la roue, je me suis préparé depuis quelques mois, je pratique toujours mes fondamentaux et mes jeux spéciaux qui me permettent d’acquérir un peu de confiance. Mais la partie psychologique, j’avais besoin de confrontation alors j’ai passé la semaine à Chartres pour jouer avec mes amis de club. J’y ai fait quelques belles parties, d’autres moins bonnes, mais juste avant de quitter Chartres pour monter sur Douai j’ai pris une tôle par mon pote Willy, qui m’a trucidé de la plus belle des manières au 47/1 en finissant sur une série de 140 et au 71/2 en réalisant pas loin de la série de 200 à la 2ème reprise. Au moins, lui était en forme ! Moi, ça m’a foutu un coup, ma confiance s’est fragilisée, beaucoup de questions en sont ressorties et il me restait à peine 24 heures pour remettre de l’ordre dans mon cerveau et me préparer à ce premier match.

Au premier match, j’ai eu la chance de commencer par un match pas trop difficile, que mon adversaire m’excuse de cette définition, mais cela me permettait en cas de galère d’avoir un peu de reprises pour chercher des solutions et me reprendre. Je n’en ai pas eu besoin, car après trois reprises de mise en place, j’ai trouvé ma voie à la 4ème… beaucoup de points de galère, mais je me suis battu, je n’ai rien lâché, j’ai appliqué tout ce que j’avais mis en place pour finalement développer un joli jeu, pas trop mal maîtrisé, et finir ce match sur une série arrêtée de 172 que j’aurais facilement pu mener jusqu’à 200 si j’en avais eu besoin. J’ai aussi la chance de jouer du bon côté de la table, ce qui m’a beaucoup aidé à être capable de réaliser cette série, mon second match le lendemain sera complètement différent.

Au second match, à 9 heures le dimanche matin, je n’allais pas changer de préparation puisqu’elle avait bien fonctionné la veille. J’ai gardé la même ligne, avec quelques adaptations indispensables pour mon adversaire du jour. Mais j’ai dû faire face à plusieurs choses qui ont rendu cette partie difficile, compliquée, sous haute tension même. La première chose, c’est le froid. Oui il faisait froid, très froid, cela m’a beaucoup impacté car il est difficile de jouer en grelottant, mais cela a aussi impacté les billes et ses réactions. La seconde chose, c’est le billard. On le savait déjà la veille, mais là le dimanche le problème s’est accentué. La table penchait sérieusement d’un tiers à l’autre, si bien que si la série se déroulait dans le tiers côté public, la bille tombait contre la petite bande et c’est certes embêtant mais c’est moins grave. Mais si la série se déroulait de l’autre côté, le tiers côté grand écran, alors la bille tombait dans le milieu de la table. Et cela tombait tellement que cela impactait aussi les rappels de long… un rappel de long en une bande classique fait dans le tiers côté public, la bille revenait facilement puisqu’elle roulait dans le sens de la pente. Alors que de l’autre côté, la bille revenait en « remontant » et là son énergie était trop courte. Si je devais évaluer la différence entre l’un et l’autre pour la même force, je dirais que j’avais un écart de presque deux diamants entre les deux côtés. Ce matériel est la raison qui a fait qu’au tour suivant, la confrontation entre Raymund et Frédéric n’aura pas donné une qualité de jeu telle que je l’attendais, ils ont aussi été en galère et ont aussi eu beaucoup de peine à maitriser les conditions. La troisième chose qui m’a posé problème, c’est plus basiquement moi-même. J’ai été beaucoup plus faible dans ma tête pour gérer la pression, le froid, le matériel, c’était plus le bordel dans ma tête, je l’ai ressenti très vite et j’ai eu toutes les peines du monde à remettre un peu d’ordre. C’est une faiblesse qu’il me faudra corriger pour les prochaines échéances si je veux performer malgré les pressions. Mais il faut quand même reconnaître que je me suis bien battu à la fin, j’ai été cherché cette dernière série dans une lutte difficile avec moi-même et tous ces éléments, mais je n’ai rien lâché et j’ai fini mes 200 points, certes en 10 reprises, mais quand même avant Jeff. Quant à lui, il n’est jamais autant fort que quand il est sous pression, un grand bravo à lui car il a su gérer cette reprise égalisatrice, c’était très fort, fallait les faire ces points difficiles qu’il a eus ! »

6 commentaires

  1. Bruno Moreau

    Merci Xavier pour le compte rendu de ce que tu as vécu. A part pour le froid, le fait que le billard penchait vers le public n’était pas perceptible. Toutes ces conditions perturbantes n’ont pas dénaturé le spectacle pour le public.
    Quelques part c’était une bonne occasion de tester sa capacité à surmonter l’obstacle.
    Bonne continuation pour ta préparation.

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