16.03.2020 – OISSEL EN ARGENT EN COUPE D’EUROPE 2020 !

On savait pas trop si la compétition allait se dérouler… jusqu’au dernier moment, nous étions prêts à tout annuler. Et puis non, la finale de la Coupe d’Europe par équipes aux jeux de série s’est bel et bien déroulée, organisée par les double tenants du titre, le DSB Douarnenez ! Alors c’est parti, retour sur une fin de semaine unique, sur fond de pandémie au Coronavirus !

Pas vraiment de changement dans les aéroports, dans l’avion et sur les routes de Bretagne en ce jeudi, jour de voyage pour atteindre le bout du monde, Douarnenez, sur la pointe de la Bretagne. Bien accueilli par ce club, ses membres et ses bénévoles, bien décidés à organiser une belle fête du billard. Le tout retransmis en intégralité par Kozoom qui a mis plus de moyen que d’habitude pour diffuser ces matchs.

Début des entraînements à 9h, 20 minutes par équipes, présentation officielle des équipes à l’hôtel du principal sponsor, puis début des compétitions à 16h. Personne ne se serrait la main pour se dire bonjour ou se féliciter, juste des check du coude ou du pied. Un public dégarni, semble-t-il que beaucoup ont décommandé. Mais le public de Douarnenez était bien présent pour cette première rencontre avec le club de Oissel, en ouverture de cette Coupe d’Europe. Du côté du club normand, on y a cru jusqu’au bout. Si Swertz a remporté son match au cadre 47/2 contre Gérimont, 250 à 186 en 5 reprises, Gretillat a rétabli l’équilibre au cadre 71/2 en battant Faus sur un modeste 200 à 140 en 7 reprises. C’est bien à la bande qu’une fois de plus le sort allait se jouer et il convient d’apprécier la solidité de Le Deventec sur cette fin de partie qui a coiffé au poteau Petit à qui il ne manquait que 8 points, 200 à 112 en 8 reprises. Dans ce groupe A, les bretons ont facilement battus les allemands de Hilden. Swertz, Faus et Le Deventec ont gagné sèchement contre leur adversaire, respectivement en 2, 5 et 12 reprises, laissant Melerski à 27 points, Janssen à 113 et Wildförster à 58. Un 6-0 qui a donné la première place de ce groupe à Douarnenez. La seconde place allait donc se jouer entre Oissel et Hilden. Gretillat a offert la première victoire de son équipe en battant Janssen en 6 reprises, 200 à 58 au cadre 71/2. Puis Gérimont a remporté son match au cadre 47/2, en battant le dangereux Melerski 250 à 77 en 11 reprises. Quant à Petit, il s’est fait surprendre par Wildförster qui a joué à son meilleur niveau, un très beau jeu, lui permettant de finir la distance en 12 reprises. Avec cette victoire, Oissel s’est qualifié en demi-finale.

Xavier, Johan, Katia, Willy, Daniel, motivés pour aller jusqu’au bout !

Dans le groupe B, la première surprise est venu du DBC Bochum, favori à l’origine, mais qui s’est présenté sans Thomas Nockemann, remplacé par un Thomas Berger. Au premier tour, les allemands ont perdus contre les espagnols de Vic. Mata au cadre 47/2 et Cuenca au cadre 71/2 n’ont laissé aucune chance à Havlik et Berger, respectivement 250 à 136 en 5 reprises et 200 à 60 en 7 reprises. Le génie hollandais Van Etten a sauvé l’honneur de son équipe en gagnant contre Espinasa à la bande, 120 à 79 en 10 reprises. Les espagnols ont obtenus leur place en demi-finale au tour suivant, en battant Soissons très sèchement aux jeux de cadre : 250 à 0 en 2 reprises entre Mata et Dessaint au 47/2, et 200 à 46 en 3 reprises entre Cuenca et Carreaux au 71/2. A la bande, Remond a donné deux précieux points à son équipe à la bande, en battant Espinasa 120 à 81 en 17 reprises. Au dernier tour, Soissons s’est offert une médaille garantie en battant les allemands du DBC. Malgré une belle performance de Havlik, 250 à 129 en 3 reprises contre Dessaint, Van Etten s’est effondré de manière surprenante contre Remond qui l’a battu 120 à seulement 26 points en 8 reprises. Carreaux a apporté la qualification à son équipe en battant Berger 200 à 112 en 11 reprises.

Samedi soir, la nation a attendu avec impatience les déclarations de M. Macron, Président de la République. Et le couperet est tombé. Tout sera fermé dès dimanche midi, rassemblement interdits, confinement des habitants, restrictions des déplacements, bref la totale. Avec l’accord des Autorités, le DSB est autorisé à terminé sa compétition… à huis clos ! Voilà le public lors de la demi-finale :

Les gradins sont vides en ce dimanche matin pour les demi-finales, on joue oui, mais à huis clos !

C’est parti pour cette première demi-finale à 9h30 entre le DSB Douarnenez et Soissons. Les tenants du titre ont pu compter sur un Swertz impérial qui a atomisé Dessaint en une reprise, 250 à 13, et sur Faus qui s’est défait de Carreaux en 4 reprises, 200 à 96. Et heureusement parce que Le Deventec n’était pas en forme ce dimanche matin et s’est incliné face à Remond, 120 à 68 en 12 reprises. L’essentiel est acquis, le DSB s’est qualifié pour défendre son titre en finale !

L’autre demi-finale, Gretillat a apporté la première victoire avec une partie parfaite contre Cuenca au cadre 71/2, 200 à 18 en une seule reprise. Et c’est la victoire de Petit sur Espinasa à la bande, 120 à 71 en 15 reprises, qui a mis fin au match de Gérimont, à la 6ème reprise, également en route pour la victoire face à Mata. La finale sera donc française : DSB Douarnenez contre les challengers de Oissel !

C’est devant les seuls spectateurs des caméras de Kozoom que les parties de cette finale ont débuté. Le Lucky Luke du billard a été le premier à terminer son match, à une moyenne oscillant entre les 300 à 400 points à l’heure… il a battu un Gérimont en petite forme en 4 reprises, 250 à 6. Gretillat a rétabli le score en battant le tchèque Faus au cadre 71/2, 200 à 41 en 2 reprises, en entamant son 2ème match du jour par 152, soit 352 de série prolongée après ses 200 points sur mouche en demi-finale. Comme d’habitude donc, c’est Le Deventec qui va défendre le titre et force est de constater qu’il a terminé son match magnifiquement, pourtant mené au score. Petit s’est incliné 120 à 108 en 9 reprises, quelle tension incroyable entre ces deux joueurs. Mais la star bretonne a offert une troisième étoile à son club… chapeau messieurs !

Swertz, Le Deventec et Faus, 3 fois champion en 3 éditions…,

“Après ce récit sportif, en voici un autre plus personnel.
Pour ma part donc, cette Coupe d’Europe, c’était le rendez-vous de ma saison, à ne pas louper avant le championnat d’Europe à la bande. J’avais à cœur de bien jouer avec mes nouveaux camarades de Oissel, avec qui j’ai accepté de faire le rôle du remplaçant. Martory étant occupé, je me suis préparé à le remplacer. Willy je connais, Johann je n’ai jamais joué avec lui mais toujours contre lui. Deux joueurs que j’admire, quoi de mieux. Un petit coup de blues quand même en revenant sur les terres bretonnes, pour cette équipe de Chartres qui n’est plus, pour Jacky qui n’est plus là, mais je dois me tourner vers l’avenir et chasser ce coup de blues pour cette nouvelle équipe. Alors on se retrouve et surtout on se prépare à cette première journée de compétition. Rien de mieux qu’un premier briefing autour d’une table, pour mieux se connaître. On discute beaucoup, on se confie, on se prépare et samedi on est prêts !

Côté compétition, je n’avais plus aucun repère. Ma dernière compétition importante date de septembre 2019, au Vietnam, où j’avais dû sortir de mon confort pour affronter 15 tueurs qui voulaient tous mon scalp. Mais depuis, plus rien… que du travail, seul, juste deux championnats suisses, mais sans importance pour moi et sans concurrence. Donc la différence se fera dans la tête, le moment venu, pour être capable de déployer ce que je sais faire, au moment venu. Et c’est donc avec une préparation psychologique rigoureuse que je me suis présenté à mon premier match contre le très fort Faus, fort certes mais aussi inconstant. Et c’est une partie compliquée sur laquelle je me bats tout en demi-distance, ne parvenant pas à maintenir les billes ensemble plus d’une dizaine de points, perdant le contrôle rapidement et tombant ainsi en demi-distance, voire même en distance. Mais malgré quelques erreurs, 6 plus exactement, je me suis battu dans cet effort et mon travail sur la demi-distance lors des mois précédents a payé. Malgré la difficulté de ces points, je termine avec une modeste victoire en 7 reprises. Insuffisant, mais il y a du positif à en sortir quand même. Avec quelques petites adaptations psychologiques, je me présente à la table contre Janssen, toujours rigoureux dans ma tête. Je commets des erreurs, mais cette fois, je parviens à réaliser une séquence de billes ensembles très prometteuse, une modeste série de 110… et pourtant pendant un moment, je me sens bien, à l’aise dans les billes de près, très concentré et rigoureux. Même si cette partie, à nouveau modeste, doit se gagner en 6 reprises, il me semble avoir trouvé la voie dans ma tête. Si je parviens à allier la demi-distance de ma première partie à cette séquence maîtrisée de la seconde partie, cela peut faire très mal… A voir… Ma chance pour le moment, c’est d’avoir pu gagner ces deux parties en 7 et 6 reprises, pour acquérir la confiance. Si j’étais tombé contre un adversaire plus fort, la suite n’aurait peut-être jamais existé.

La suite, c’est cette demi-finale contre Cuenca, champion d’Europe de la discipline. Mais moi aussi j’ai obtenu ce titre, je ne l’oublie pas. D’une rigueur absolue, je commence cette partie et je gère tout ce qui se passe dans ma tête à la perfection. Chaque seconde de cette partie est maîtrisée, je suis concentré totalement, tout est en place pour déployer ce que je sais faire avec mes billes, et je déroule une partie académique comme j’ai rarement joué. Toujours beaucoup d’erreurs, presque à chaque point, mais je suis sans doute le seul à les voir tant elles sont minimes. Je conserve la maîtrise de mes billes jusqu’au bout, presque uniquement en largeur, juste une frayeur vers 172 qui me pousse dans la longueur pour deux rappels de long. 200 en une reprise, la traduction sur le terrain d’une tête à nouveau forte. Je dis à nouveau parce que depuis quelques années, je dois composer avec des émotions encore inconnues qui me trahissent parfois et qui me plongent dans un enfer. Mais pas aujourd’hui…

La finale contre Faus à nouveau… Malgré cette demi-finale parfaite il me laisse commencer ! Il me dira plus tard qu’il a décidé cela parce qu’il ne me pensait pas capable de le faire deux fois… je pense que pendant 152 points, il a dû regretter profondément ce choix. Moi je pensais bien aller jusqu’au bout, mais cette série prolongée s’arrête à 352. Après de mauvais choix, des perturbations dans ma tête mal gérées, et c’est l’erreur ! Le retour à la chaise. Surtout rester mobilisé et prêt à revenir lorsque Marek me laissera la main. Cela vient très vite et je termine cette partie sur une série de 48. Toujours dans une excellente maîtrise apparente, des erreurs à chacun de mes points, mais des erreurs sans conséquence pour la suite du jeu.

Un mot maintenant concernant ce coronavirus. J’imagine que c’était inconscient de jouer cette Coupe d’Europe, l’histoire nous le dira. Le huis clos, c’est une première dans l’histoire, elle ne m’a pas dérangé du tout. Je suis focalisé sur la table et, bien dans ma tête, je sais gérer le public qu’il soit absent ou présent. Mais ce huis clos nous a permis de mieux profiter du temps de ces finales du dimanche et, du coup, de permettre un retour en Suisse le dimanche soir. Messieurs, l’année prochaine, tenez compte dans l’établissement du programme qu’une cérémonie de clôture à 1830 empêche les étrangers de rentrer chez eux le jour même. Je tiens à féliciter le DSB Douarnenez, ses membres et ses bénévoles, et même son président, pour cette gestion un peu spéciale et cette belle fête du billard parfaitement réussie ! Bravo à vous tous. Mais je m’offre le droit de donner un carton rouge au directeur de jeu, il sait pourquoi.

L’avenir… toutes les compétitions sont annulées ou poliment reportées. L’avenir est incertain. Mais la priorité n’est pas au billard. Prenez soin de vous, respectez les directives, restez chez vous, gardez la santé et restez tout simplement en vie ! Le billard, ce n’est que du billard !”

7 réponses sur “16.03.2020 – OISSEL EN ARGENT EN COUPE D’EUROPE 2020 !”

  1. Bonjour Xavier,
    Merci pour ce bel article plein de sagesse et de mots justes.
    Vous méritez amplement la plus haute marche.
    Peiné pour Willy et Johann (qui est sorti un moment du champs de la caméra, je suppose pour exprimer son étonnement au Directeur de jeu sur les mots en fin de rencontre…..)
    Au plaisir de continuer à regarder et travailler sur tes vidéos.
    Amicalement,
    Jean Louis

  2. Bravo Xavier …..
    Et encore merci pour ces mots et de nous donner encore envie de progresser.
    Notre stage en aout sera surement différé …Wait and see.
    Prenez soin de vous .
    Au plaisir de vous lire .
    Cordialement Philippe

  3. Bonjour Xavier,
    Bravo à vous et merci pour ce beau commentaire sur la compétition de Douarnenez. Quand nous sommes partis de notre région (sud-ouest), nous n’étions pas sur que cette coupe d’Europe puisse se disputer. J’ai vu toutes vos rencontres avec un grand plaisir, mais punis le dernier jour par le huis-clos décidé par prudence logique par les autorités compétentes.
    Vous avez effectué une fin de parcours magnifique, j’ai pu voir les replay sur Kozoom “malheureusement en monocam”, et vos performances pour moi égalent une place la plus haute sur le podium, l’équipe de Oissel est une belle formation merci a Johan et Willy. Ravi d’avoir discuté un peu avec vous, et en attente de la suite de votre livre en vidéo avec vos commentaires si précis.
    Amitiés sportives.
    Jack

  4. bonjour Xavier
    felicitations à vous et à votre équipe.
    J’ai regardé vos matchs et pour rester dans l’ actualité ,même
    malheureuse, on peut dire que si vous n’etiez pas joueur de billard
    vous seriez surement un grand chirurgien .Une precision qui en
    devient evidence et du coup paraît facile …….. mais …… c’est là
    que la réalité prend le dessus : quel travail il y a derrière tout ça, c’est impressionant rien qu’à y penser !
    portez vous bien , prenez soin de vous .

  5. la retransmission etait impeccable, avec les prises en compte de la position de l’arbitre et on voyait bien les lignes du cadre.
    en revanche : pas bien , celui qui a annoncé la victoire avant
    l’heure.

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