Du grand spectacle à la Classic Race 47/2 d’Andernos
Du grand spectacle à la Classic Race 47/2 d’Andernos

Du grand spectacle à la Classic Race 47/2 d’Andernos

C’est en qualité de spectateur, derrière mon écran, que j’ai suivi la toute première Classic Race organisée au cadre 47/2 par Kozoom et son équipe dans ses nouveaux studios. Ce nouveau format révolutionnaire a été pensé par la CEB. Et donc il convient avant tout de remercier la CEB et Kozoom pour avoir mis en œuvre cette idée qui a produit un beau spectacle de billard aux jeux de série.

Avant de vous délivrer mon avis de spectateur, et de joueur qui regrette de ne pas y avoir participé, je vais d’abord féliciter les acteurs de cette compétition : les joueurs !

Les joueurs

Photo Hervé Lacombe

Bravo à mon ami Willy Gérimont pour avoir brillamment remporté cette compétition d’un nouveau genre, il a su s’adapter à ce nouveau format mieux que les autres, il s’est montré complet dans toutes les phases de jeu, il a su mieux que les autres accélérer lorsque cela était nécessaire et au contraire prendre son temps lorsqu’il le fallait, il a su aussi gérer son avance, et finalement il s’est adapté à ces toutes nouvelles conditions de jeu. Je n’en doutais pas un seul instant… si j’avais mis en trio de tête Niessen, Gérimont et Djoubri, l’histoire ne me donne pas tort puisque ces trois joueurs sont finalistes. Mais je croyais plus que tout en mon Willy, je sais que tous les signaux sont désormais au vert pour lui pour gagner des compétitions et gagner des titres, la maturité est là et il va faire très mal dans les années à venir. Et si vous voulez savoir qui il est, regardez son interview en bas de cette page.

Un petit tour des autres joueurs… dans l’ordre.

Johan Petit, il le sait je l’admire aussi et je l’ai trouvé fidèle à lui-même. Très fort et redoutable lorsqu’il est confiant, mais son adversaire n’est pas sur la table d’à côté, son adversaire c’est lui… et ses doutes. Lorsque son état de confiance n’est pas au top, il commet trop d’erreur et entre dans une spirale dont il peine à sortir. On reconnait bien ces phases de jeu en observant ses matchs, son instabilité péjore la qualité de son jeu et ses résultats. Bravo à lui pour sa 2ème place, nul doute que s’il se renforce dans sa tête, il peut être le plus fort. On a tous en mémoire ce qu’il a réussi à faire à St-Brévin et surtout comment… c’est cet état de confiance qu’il doit réussir à provoquer et à maintenir.

Patrick Niessen, de retour à la compétition, en plus dans un nouveau format. Nul doute qu’il aurait été meilleur si le format avait été traditionnel. J’aime son jeu car il mise tout sur la maîtrise lorsque les billes sont regroupées et c’est dans ces moments que je le retrouve, à l’image des souvenirs que j’ai de lui, notamment lorsqu’il traverse toute la table sur la ligne du 71/2, quelle maîtrise ! Mais ici, le format est différent, et lui-même doit l’être aussi. Patrick a commis trop d’erreur et ne peut, dans ces conditions, prétendre à mieux. Je ne doute toutefois pas un seul instant qu’il va continuer de gagner et de remporter des titres !

Brahim Djoubri, métamorphosé. Il semblait marqué par la vie et j’ai aimé voir ce nouveau joueur. Ce n’était plus le même, mais sa facture de jeu était toujours aussi brillante… et rapide ! Lorsqu’il a le contrôle des billes, c’était le plus rapide, aucun doute là-dessus ! Mais il n’a pas su garder suffisamment le contrôle pour gagner tous ses adversaires. Remarquable cette partie contre Marek Faus avec un suspens extraordinaire. Ce nouveau format est fait pour lui, c’est clair.

Marek Faus devait sans doute être déçu. Mais il a montré et démontré à ceux qui en doutaient que sa réputation de joueur lent, tout comme j’en ai la réputation, n’est rien d’autre que du pipeau ! Lorsqu’il a les billes ensemble et qu’il en a le contrôle, le rythme de jeu s’affole comme tous les autres, cela va très vite, et finalement cela compense la “lenteur” existante dans les phases de demi-distance et de distance. Dans un format comme celui-ci où la reprise se fait toujours sur mouche et donc chacun a rapidement la possibilité de prendre les billes et d’enquiller les points, il se retrouve souvent dans des phases lui permettant de jouer rapidement. Ce nouveau format le bouscule et il est sans nul doute utile pour lui, il lui apprend à mieux gérer son rythme… et c’est finalement dans ces moments-là qu’il a toujours performé par le passé. Lorsqu’il passait son temps à frotter son pantalon et à jouer lentement, il n’était pas sur le podium.

J’avoue avoir moins regardé Pascal Dessaint, Magali Declunder et Louis Edelin. Je les respecte, ils jouent magnifiquement bien et j’ai une admiration particulière pour Louis, autant le personnage emblématique que son jeu. Mais tous trois ont fait des performances remarquables, malheureusement insuffisante pour cette compétition. Magali est la porte-parole des femmes dans le monde du billard aux jeux de série et sa facture de jeu fait rêver bon nombre d’hommes. Donc bravo à elle, au même titre qu’à tous les autres ! On a vu du beau jeu et merci à tous !

Photo Kozoom

Mon avis sur le format

Je vous avoue que j’ai marqué une pause dans la rédaction de cet article, j’ai pris ma canne et me suis déplacé dans la salle de billard à Roger Pineau, et je me suis essayé à ce format. Comme dans la Classic Race, la pression et le stress en moins évidemment… c’était pour voir et vérifier certains de mes avis.

En réalisant cette séance, confortable et sans pression, j’ai remarqué que la précipitation provoquait des erreurs parfois fatales. Je n’ai pas voulu perdre de temps pour nettoyer les billes et donc j’ai aussi des buttages. Il m’a paru rapidement évident que plus je faisais courir mes billes, notamment avec des rappels de long ou même des rappels 3 bandes dans le tiers, le rythme était plus lent que si je contrôlais mes billes avec des rappels plus courts. Cela a parfois modifier ma conception du jeu… alors que j’aurais pu obtenir mieux avec un rappel en long, j’ai choisi de jouer plus simple par des rappels plus courts. Pour la pression et le stress engendré par la table d’à côté, il semble évident aussi que celui aura la capacité mentale à faire abstraction totale de ce qui se passe à côté de lui aura un avantage énorme. J’avoue que mon côté un peu psychotique pourrait être calibré pour ce genre de masturbation mentale… Et bien entendu, je n’oublie pas non plus le matériel. Si celui-ci est suffisamment bon, comme lors de mon essai ce matin, la maitrise du petit jeu est possible et donc sans aucun doute le plus fort dans ce format, donc le plus rapide, sera celui qui sais rester dans le petit jeu, sans jamais rater malgré une cadence élevée. Si le premier point est difficile ou le matériel rend la maitrise du petit jeu difficile, alors le plus complet pourrait bien devenir le plus rapide.

Les atouts de cette formule sont multiples :
– un spectacle télévisuel nouveau et pour le développement des jeux de série
– un spectacle toujours intéressant pour le téléspectateur, il ne s’ennuie jamais
– des matchs courts de 1 heure maximum
– programmation des tours de jeux fiables
– chaque joueur peut s’exprimer et joue le même temps
– augmentation du rythme des joueurs, plus dynamique
– excellente remise en question pour les joueurs

Les inconvénients de cette formule, que j’explique pour une meilleure compréhension de mes propos, sont à mon sens :
– manque de convivialité entre joueurs, j’apprécie voir jouer mon adversaire que je respecte
– sanction du point manqué trop légère de 90 secondes, alors qu’un point raté signifie souvent la perte du match. La pression de ne pas rater est moindre. Voire même si les billes s’écartent trop, le joueur peut préférer rater et remettre sur mouche pour reprendre les billes plus rapidement.
– pas de reprise difficile, le début de la série se fait toujours sur mouche. Cela peut devenir un peu monotone, les joueurs prennent les billes rapidement et jouent presque toujours du même côté.
– Attention à la qualité du matériel et surtout aux différences existantes entre les deux tables pour conserver l’équité
– plus de stratégie de jeu en fonction de l’adversaire et de sa reprise, plus peur de rater et de laisser du jeu à son adversaire
– un joueur manquant plus souvent et réalisant plus de reprises peut gagner face à un joueur qui rate moins souvent et réalisant des moyennes plus importantes… le principe de la série est quand même de ne pas rater, alors même que sur ce format ce n’est pas le plus important.
– en qualité de téléspectateur, difficulté à suivre les 2 matchs en même temps, manque de gros plans pour apprécier réellement la position et le choix du joueur. Mais cela est perfectible, je fais confiance à Xavier pour améliorer le côté visuel du programme.

En conclusion

J’aime ce nouveau format ! Il est excellent pour l’avenir promotionnel des jeux de série et je pense qu’il peut être pérennisé à tous les modes de jeux. Donc un grand merci à la CEB et à Kozoom !

Mais attention, pour tous les points relevés ci-dessus, ce nouveau format doit s’inscrire comme une nouvelle discipline, un atout supplémentaire pour l’avenir de notre sport, un outil promotionnel télégénique, mais il ne doit en aucun cas supplémenter le mode classique, la lutte directe entre deux joueurs sur le même terrain… et oui, les sanctions sont plus dures et souvent irrémédiables. Mais le meilleur des deux joueurs, à cet instant qu’ils vivent en commun, gagnera le jeu.

Alors que dans ce nouveau format, ce n’est pas le meilleur qui gagne, c’est le plus rapide… Je ne peux pas imaginer que le mode classique disparaisse au profit d’un nouveau format qui décernerait un titre au joueur qui a deux fois plus de reprises et deux fois moins de moyenne que son adversaire.

Par contre, je rêve d’une discipline supplémentaire, un 6ème mode de jeux de série !

Mais qui est Willy ?

Le premier vainqueur de la Classic Race au 47/2 se nomme Willy Gérimont ! Mais qui est-il vraiment ? Découvrez ou regardez à nouveau qui est ce champion d’exception dans un interview de 53 minutes où il se confie en toute simplicité. Et si vous l’appréciez, découvrez aussi en tant que membre les formations en ligne où Willy et moi commentons nos points respectifs à la bande et au cadre 47/2.

4 commentaires

  1. liet

    Bonjour Xavier,
    Le premier Classic Race 47/2 vient de se terminer, et cette nouvelle forme de compétition a été une réussite.
    Tout d’abord un beau vainqueur WILLY GERIMONT qui a vraiment mérité sa victoire: rapide dans ses enchaînements, solide sur la ligne et supérieur sur les points de demi-distance.
    Johann PETIT n’était pas loin, Brahim DJOUBRI toujours rapide , Patrick NIESSEN, Louis EDELIN, Mareck FAUS (qui est devenu sprinteur… Pascal DESSAIN comme Magali DECLENDER manquaient peut-être un peu d’entraînement en cette période particulière.
    Cela est curieux de voir une compétition comme celle-là où les 2 joueurs ne sont pas opposés sur la même table.
    Au départ des rencontres chaque joueur joue sans se préoccuper de l’autre en essayant de ne pas faire de faute (pénalité 90 “) ce qui est beaucoup. Ensuit quand la fin du match arrive, ils sont attirés par le score adverse et tout s’accélère en entendant le décompte des arbitres, ce qui donne de la vie et du suspense. Ces rencontres sont très rapides, ce qui est très bien pour le téléspectateur. Le cadre de la salle était très beau, de bons commentaires, de bons arbitres, de bons interviews. Il aurait peut-être fallu davantage de gros plans sur les positions clés.
    C’était également très agréable à regarder au niveau rythme .

    Voilà mon ressenti, j’ai surement oublié beaucoup de choses que j’aurais dû noter au fur et à mesure.
    Merci à XAVIER CARRER et à toute l’équipe KOZOOM.
    Vivement que cela se renouvelle et nous aurons peut-être le plaisir de vous voir y participer.
    Encore BRAVO à WILLY GERIMONT

    Amitiés sportives
    Jack

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