10.05.2017 – MON EXPERIENCE A BRANDENBURG 2017

 

Brandenbourg 2017 s’est achevé ce dimanche avec les dernières finales à l’artistique, au cinq quilles juniors et au 3 bandes par équipes sur petites tables… J’étais présent dans l’arène ce dimanche matin et j’ai pu assister à la partie entre Caudron et Merckx… lorsque Frédéric termine sa 4ème reprise, il a 35 points alors que son adversaire en a zéro… juste hallucinant, E.T. finira 40 à 11 en 6 reprises.

Bref à mon sens cette aventure Brandenbourg 2017 ne change pas de l’édition précédente. D’un point de vue spectateur, il faut bien admettre qu’il peut s’en mettre plein la vue, tellement de choses à voir dans cette arène que le spectateur s’y perd… il a devant lui 20 tables et il est bien difficile de se focaliser sur l’essentiel. Ça c’est pour autant que spectateur il y a… ce dont je doute. Si on enlève les 500 joueurs, les représentants des fédérations, les familles, les accompagnants, le personnel technique et les organisateurs, je suis pas certain que cet événement a été suivi par un public dont le nombre soit en rapport avec l’importance de la manifestation. Personne ne le saura puisqu’il n’y a pas de statistiques tangibles à ce sujet, les entrées n’étant pas comptabilisées. D’un point de vue du joueur, et là j’exprime uniquement avis, la grandeur de cet événement anonymise le joueur, il devient un numéro qui doit se présenter à telle heure sur telle table. C’est trop grand, il n’y a pas d’âme à cet événement. Le joueur n’est qu’un pion dans une fourmilière géante…
Championnat d’Europe individuel de 3 bandes…

Bien ceci étant dit, passons à mon voyage qui s’annonçait d’entrée intense et longue, 5 championnats d’Europe (47/2, 71/2, bande, 3 bandes individuel et équipes), au minimum 10 matchs, au maximum 19 matchs sur 10 jours… Mon aventure a bien mal commencé par une triste performance au 3 bandes individuel. Certes, je suis mauvais à cette discipline que je tente tant bien que mal d’apprendre, mais quand même… Je ne parviens pas à tirer le parallèle avec mes compétences mentales de jeux de série qui me permettent de d’exprimer ce que je sais faire. Au trois bandes, je suis incapable d’exprimer ce que je sais faire… Mais qu’à cela ne tienne, cela ne va pas me décourager pour autant ! Après ma saison, je me remettrait au travail et j’espère faire mieux la saison prochaine. Bien entendu, je vous passe les résultats détaillés de mes deux matchs contre l’autrichien Kahofer et l’espagnol Martinez qui s’est placé à la 3ème place sur le podium. Là cela me laisse de l’espoir car je l’ai vu joué, très mal joué puisqu’il a gagné misérablement et de peu contre moi… puis la révélation il a joué si bien qu’il s’est hissé en demi-finale. Bref finir à 0.600 de MG, je suis pas fier. Ainsi se termine mon premier jour ! Ça promet…

De bruijn, Caudron, Swertz et Cuenca

Championnat d’Europe à la bande…

Justement, la suite se passe à la bande. Selon toute logique, mes deux matchs au trois bandes sont censé m’être utile… ben oui et non… après tout j’ai pu tester les tables, même si j’ai rien compris à cette patinoire au tout début. Mais quand même au second match, j’ai joué sur le matériel que j’allais sans doute rencontrer le lendemain. Donc oui, la veille m’aura été utile. Et non, parce que prend deux taules en jouant comme une m… c’est pas très rassurant psychologiquement. C’est là-dessus que j’ai travaillé… j’ai réalisé une préparation mentale importante pour gérer chaque élément et le résultat sur la table a été convaincant avec ce premier match avec Baca. Une partie que j’aurais dû liquider en 4 ou 5 reprises, j’avais très vite 80 points… mais un adversaire absent, un relâchement, des erreurs en fin de match et finalement je termine mes 100 points en 8 coups. C’est quand même pas trop mal, mais vu le client sérieux qui suit, cela ne suffira pas. Faut faire mieux. Pour le second match avec le belge Eddy Leppens, nouvelle préparation et je me sentais bien, confiant, et apte à développer mon jeu. Très vite, je prends l’avantage avec une série de 45, mais Eddy répond droit derrière avec 46… on est au coude à coude et là la partie dégénère avec plusieurs reprises de trois bandes. Sur le jeu ouvert, il est le plus fort et il termine ses points à la 14ème reprise. J’entame la reprises, je joue pour 16 points seulement. Petit à petit je prends les billes et je parviens à me placer un rappel une bande en largeur. J’en profite, le regroupement se fait, il ne m’en reste alors plus que 3… mais manque de chance la position obtenue est une vraie m… au millimètre près. Je suis obligé de massé par la grande bande, et la position suivante n’est pas moins délicate et il m’en manque plus que deux. En cas d’égalisation, je suis qualifié. Donc sur cette position, hormis un bande-avant dans la longueur, je n’ai qu’un massé détaché bande-avant par la grande bande, ou alors un bande-avant maximum d’effet avec un retour très fin sur la bille deux… Je choisis la seconde qui semble réalisable, mais je commet l’erreur de jouer trop fort, l’effet ne mord pas assez sur la bande et je manque la bille deux. Voilà, pas d’égalisation, Leppens est qualifié. C’est rageant parce que vraiment je la sentais pour la suite. Mais voilà ainsi est le sport, il aura été le plus fort, et moi le plus faible.

Swertz, Leppens, Gretillat, Cuenca

Championnat d’Europe au cadre 47/2…

Le lendemain, faut revenir avec un nouveau championnat, une nouvelle discipline, le cadre 47/2. Et surtout faut revenir avec cette frustration d’être passé à côté pour si peu et d’avoir été si faible au moment le plus crucial. Faut balayer toutes ces mauvaises pensées et les utiliser pour devenir encore plus fort pour la suite ! Grosse préparation dans ma tête à nouveau pour venir dans l’arène et tenter de gérer tout ce qui pourrait venir perturber la machine. Arrivé pour mon premier match, j’ignorais le nom de mon adversaire Kozac ou Riedel, j’ignorais le résultat de leur match… Finalement c’est Riedel qui se présente. Je joue la première reprise, réalise ce premier point puis manque le second. Mais à la seconde reprise, je déploie le fruit de toute ma préparation et fusille mon adversaire avec 199 de série menée de très belle manière. Voilà un beau succès qui fait plaisir, qui allie une bonne préparation et une bonne maitrise de jeu sur la table. Au second match, Kozac est totalement absent et la qualification est déjà acquise… ce qui m’a affaibli un peu après une très bonne série de 126. Il me faut 5 reprises au total pour finir ce match.

Le lendemain en quart de finale, j’arrive dans l’arène avec une synthèse des jours précédents et une accumulation bien utile pour ma préparation psychologique indispensable pour gérer ma pression et mes démons. Efficace à la perfection, ma tête assassine Niessen 250 à 47 en une reprise. En demi-finale, contre le génie hollandais du moment Swertz, la partie commence à mon avantage et je joue bien, jusqu’à ce que je craque mes nerfs à seulement 12 points de la qualification en finale… Alors que tout va bien, j’ai la ligne et plus que quelques points à faire, je décide de jouer petit pour économiser quelques points facilement, mauvaise décision, je reste trop proche et cela m’oblige à jouer un petit piqué détaché ou un petit bande-avant facile. Je réfléchis pas, je ne regarde rien, j’exécute ce petit bande-avant avec un poil d’effet et surtout une mauvaise visée, je manque… Mes nerfs venaient de craquer. Pathétique. Swertz, dans une réplique incroyable, fait l’étalage de tout son talent et termine la partie ! Mon parcours s’arrête là encore à quelques points du but…

Championnat d’Europe par équipes nationales au trois bandes…

Avec mon partenaire et champion suisse Bezhat Cetin, nous sommes tombés dans le groupe de la Hollande A avec Jaspers et Burgmann, mais d’abord il faut combattre contre les finlandais. Moi aussi je savais pas qu’on jouait en Finlande… Je les vois jouer à l’échauffement, l’un d’eux semble bien maîtriser le sujet, quant au second c’est de la fiction. C’est manifestement un jouer de Snooker de par sa position du corps et son exécution, cela ne laisse aucun doute. Il est terriblement nerveux et donne l’impression de ne pas savoir jouer (c’est moi qui dit ça…).  Je me dit à ce moment-là, que même nous petits suisses, on a peut-être une chance de ramener une victoire. Ben non, cette équipe fragile au début, a très bien joué et mon joueur de snooker a fait des superbes points ! Alors que nous suisses, nous avons manqué notre début de match sans jamais pouvoir rattraper notre retard par la suite. Le match contre la Hollande A, on s’en doutait, ne nous laissait aucune chance de gagner. Quand vous courrez en pleine à 10 km/h, vous avez aucune chance de rattraper un coureur qui lui courre à 20km/h dans il est pas en forme… Malgré tout, c’est notre meilleur match, impossible de donner un résultat individuel avec ce système de scotch double, mais on a joué environ un de moyenne dans cette rencontre. Comme nous pouvions nous en douter déjà dès notre inscription, par de qualification pour l’équipe de Suisse dans ce championnat.

Kahofer, Mata, Cuenca, Christiani

Championnat d’Europe au cadre 71/2…

Mon groupe s’annonce difficile. Un grec accrocheur qui ne lâche jamais rien, Chatzipavlis, et le génie en forme du moment Swertz… Je commence en petite forme avec le grec, qui lui ne parvient pas à donner le change. Je le bats 150 à 39 seulement en 4 reprises. Ce match n’est qu’un échauffement pour celui qui compte avec Swertz. Là encore grosse préparation psychologique pour affronter ce match de tous les dangers, et là encore je m’apprête à gagner contre le hollandais avant de manquer à seulement 13 points de la fin à la seconde reprise. Swertz ne se fait pas prier et termine la distance au coup suivant… Mais j’ai la reprise. Point après point, je finis à mon tour la distance et j’égalise. Swertz se lève et me félicite, j’ignorais à ce moment-là qu’il avait un moins bon résultat d’ensemble que moi et que j’étais qualifié…

Le lendemain, je joue mon quart de finale contre l’espagnol Cuenca. Et là, impossible de maintenir une bonne concentration, j’ai le sentiment de fatigue comme si c’était la journée de trop. Impossile de déployer mon jeu, je suis à côté. Je lutte pour inscrire seulement 100 points au compteur en 5 reprises, pendant que Cuenca fait ses 200 points et se qualifie pour la demi-finale. Je félicite ce joueur espagnol, simple et humble, qui parviendra là à décrocher son premier titre de champion d’Europe de la plus belle des manières, la partie parfaite en finale. Et en plus, il se positionne sur le podium dans les deux autres disciplines, chapeau M. Cuenca !

Ainsi s’achève pour moi douze jours de présence à Brandenbourg… un long périple teinté de belles réussites et d’échecs cuisant. Ainsi va le sport. Mais pas le temps de se reposer, d’autres échéances m’attendent en cette fin de saison !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*