13.03.2017 – LA COREE DU SUD, CHAMPIONNE DU MONDE

Championnat du monde par équipes 3 bandes - Viersen
Equipe de Suisse : Cetin et Gretillat

Viersen, ville mythique du billard carambole en Allemagne puisqu’elle organise depuis 28 ans le championnat du monde par équipes de trois bandes… 28 ans, vous avez bien lu ! Après toutes ces années, force est de constater que le show est à la hauteur de leur savoir-faire. Non pas que j’ai l’expérience requise pour porter un jugement, puisque je me suis invité à ce mythique tournoi pour la première fois, mais 24 équipes dans la Festhalle, suivi par un public en délire quand l’Allemagne va à la conquête du titre, là franchement ça m’en met plein la vue !

D’un point de vue sportif, Viersen 2017 à fait sa révolution en introduisant le système du scotch double durant toutes les parties. Vous ignorez ce qu’est le scotch double au billard ? Bienvenue au club, je l’ignorais aussi jusqu’à ce que je le découvre personnellement sur la table ! Le scotch double, c’est une refonte complète de la notion d’équipe au billard, chaque joueur joue un fois, point réussi ou raté, et laisse la place à son équipier pour jouer le point suivant, et ainsi de suite jusqu’à la fin de la partie…

Niveau spectacle, je crois que le public est conquis par ce système et le sera encore plus à l’avenir lorsque les joueurs eux-mêmes feront le show, à l’image du tandem allemand Horn / Lindemann qui formaient ensemble une vraie unité faisant front commun face l’adversaire, tels des combattants dans l’arène ne pouvant vaincre leur adversaire que par l’union de leur force. Moi qui était beaucoup plus spectateur que joueur, j’avoue avoir aimé. Cela donne un spectacle plus passionnant que de jouer chacun de son côté.

Championnat du monde par équipes 3 bandes - Viersen
Championnat du monde par équipes 3 bandes – Viersen

La révolution n’a pourtant pas plu à tout le monde. Du côté des sportifs, il me semble que cela était mitigé. Certains étaient pour, d’autre contre, je crois qu’il faut plus de recul pour un avis définitif. Personnellement, j’ai souffert de ce système. Mes bases étant déjà fragile et mon niveau plus que faible, cela n’a pas été évident de ne jouer qu’un point sur deux, avec toutes les conséquences pratiques et psychologiques que cela impliquait pour moi. De plus, il m’était difficile de communiquer puisque nous ne parlions pas la même langue et je n’ai pas pu mesurer ma performance. Pour les autres, les résultats sont mitigés avec pour certains des moyennes d’équipes plus faibles que d’accoutumée. Mais nos maîtres professionnels, ceux qui partaient à la conquête du titre, ont su s’adapter et performer. Pour preuve quelques longues séries, dont une incroyable de 20 par la paire Caudron / Forthomme, mais aussi bon nombre de parties à plus de 2 de moyenne et des moyennes générales d’équipe qui fleurtent avec ce même nombre. Il est vrai quand même que l’on a pas assisté à des performances aussi incroyables qu’en temps normal puisque la meilleure partie aura été faite par la paire Jaspers / van Erp en 15 reprises.

Il faut laisser un peu de temps pour l’adaptation. Le billard est chargé d’histoire, depuis de nombreuses décénnies, pour ne pas dire plusieurs centaines d’années, il se joue en solitaire, un contre un, et c’est dans l’ADN du joueur de billard de jouer seul face à lui-même. Seul à se blâmer pour ses échecs et se féliciter pour ses réussites. Composer avec un élément extérieur, un coéquipier, et devenir avec lui une seule entité aussi performante qu’en solitaire pourrait prendre un peu de temps. J’ignore si le système perdura assez pour que le joueur de billard puisse s’adapter et nous livrer des performances d’équipes aussi fabuleuses que celles qu’ils sont capables de réaliser seul. Un jour peut-être, les records individuels seront explosés par des records d’équipe… Prochain test pour nos champions, le championnat d’Europe de Brandenbourg !

Championnat du monde par équipes 3 bandes - Viersen
Effler, Kahofer et Gretillat – moment de détente

« Mon expérience ici à Viersen aura été très profitable, je suis venu en apprenti pour non pas admirer ces incroyables talents mais bien pour leur voler un infime partie de leur savoir-faire. Et je compte bien réitérer mon délit à Brandenbourg. En parfait voleur, je rentre chez moi avec une richesse inestimable, de nouveaux points de vue qui me permettra de faire évoluer ma structure et ma manière de travailler pour qui sait, un jour peut-être, progresser à ce jeu. Merci à mes amis autrichiens pour leurs conseils avisés. »

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